‹ La loi du cœur comedie en trois actes, en proseChapitre 11 sur 77 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

JULIE, MORIN, on deuil.

JULIE, se levant.

Monsieur Morin ! (AUant a lui très-affectueusement.) Oh ! y a-t-il longtemps que l’on ne vous a vu !

MoniN.

C’est vrai, Madame... (La regardant.) Madame!... c’est la première fois que je vous donne ce nom.

JULIE

Oui.

MOFflN.

Dont on a, d’ailleurs, peine à vous appeler, quand on vous regarde...

JUIIB.

Il y a peu de temps, en effet, que je le porte.

MORIN, souriant.

On dirait même plutôt : mon enfant, que mademoiselle!

JULIE, de infone.

Une mère de famille!...

MORIN

De deux mois, je crois?

JULIE

De quatre.

MORIN

Ah! oui, votre grand’mère me l'a écrit; elle a dû vous transmettre mes félicitations... que je vous renouvelle.

JULIE

Je les ai reçues, et les reçois encore sans fausse modestie, car je vous assure qu’il y a de quoi : mon Roger est magnifique! — Mais je vous parle là de mes joies !... Croyez qu’elles ne m'ont pas empêchée de prendre ma grande part de vos douleurs!

MORIN, lui serrant la main.

Je vous crois.

Pauvre et bonne madame Morin! C’est il y a trois mois?...

MORIN

Oui.

JULIE

Nous l’avons appris à Nice.

MORIN

... D’où Richaud m’a écrit une lettre excellente.

JULIE

Mon père vous aime bien!...

Je le sais.

MORIN

JULIE

C’est au château do Beauval que ce malheur est venu vous frapper?

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