ACTE DEUXIÈME
pable, et pour sauver de sa cupidité ou de ses désordres le fds, devenu, à son tour, époux et père!... Mais où voyez -vous qu’armée contre la faute, elle le soit contre le malheur, et que si elle a osé dire au père : Tu ne ruineras pas ton fds, elle a jamais dit au fils : Tu ne te dévoueras pas pour ton père.
RICHAUD
Le père, lui, doit-il le permettre ?
d’orémont.
Si c’est le devoir, doit-il donc l’empêcher?... et imposer au fils de garder devant la ruine ce qui a été consenti devant la fortune? De refuser l'appui au grand âge et à la faiblesse pour lo donner à la jeunesse et à la force... Plaçant ainsi, au grand scandale de tous, le chef do la famille dans une position inférieure ou dépendante ! — Voyons, voyons, mon bon Richaud, franchement, convenez que vous n’éles pas dans le vrai, que votre Gère nature est dupe de fausses délicatesses ; et laissez parler votre cœur sur une telle question. Sa lumière ici est la bonne! Jugez-en par la naïve et saine logique de vos enfants : sur un point de sentiment, ils ont écouté le sentiment et rien autre!... aussi, avec quelle fermeté de coup d’œil ces deux sages de vingt ans ont-ils vite mesuré, d’un seul bond de leur Cœur, l’étendue, la portée de ce saint nom de famille, centre bienfaisant où le père comme le fils, le fils comme le père viennent retremper leur force !... Car enfin, c’est cela... ou ce n’est rien... qu’un mot vide, un mensonge... gênant aux uns, odieux aux autres ! Ah ! pouah ! comme ça nous ressemble... hein? [Souriant en le regardant.) Allons!... allons !... Il est troublé, muet, battu!... non! pas un mot!... Je n’en veux pas!... des faits !... reprenez, mon ami... et reprenez sans retard... ce qu’en vérité ils ne peuvent garder sans honte!...
RICHAUD, ému.
D’Orémont !
d’oRÉMONT, bas.
Quelqu’un !
LA LOI DU CŒUR