‹ La loi du cœur comedie en trois actes, en proseChapitre 61 sur 77 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

injuste envers le ciel, surtout lorsqu’à côté des maux dont il lui convient de nous envoyer l’épreuve, il met un adoucissement qui ferait tant d'heureux!

HORACE

Ma mère sait... et approuve cette résolution?

D’oRÉMONT, gêné.

Ta mère l’ignore, comme elle ignore le malheureux événement qui la motive : toi-même as cru devoir en reporter la nouvelle à un moment où, tout à fait remise, elle serait plus en état de la supporter. Le parti était bon... tu comprendras donc aisément que je m’y sois arrêté.

HORACE

D'autant plus aisément, qu elle eût encore mieux supporté, je crois, le fait même, et ses effets matériels... que les conséquences morales de celte résolution !

n ’o né MONT.

Dans le premier moment, peut-être. Mais, bientôt, une vio douce, aisée, la belle et bonne installation que tu connais... queDebresncs nous laisse si j’accepte, et où il se fait d’avance une joie délicate d’entourer ta mère de ce qui pourra lui en rendre le séjour agréable... tout cela modifiera, je l’espère, l’impression que tu me signales, comme cela a dû triompher de la mienne, devant les difficultés du présent... et, aussi, le soin de l’avenir...

HORACE

De l’avenir?

h’orémont.

...Qu’avec ma petite part de bénéfices, jointeà quelques épargnes, je puis un peu réédifier pour elle... car. ta mère, cher enfant, n’a plus rien.

HORACE

C’est juste! (n se lève.) J'oubliais que je ne suis plus là... n’o rémont.

Mais...

HORACE, avec force et onction.

Mais non, je n’y suis plus, vous le voyez, qu’à l’état do lettre

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LA LOI DU CŒUR

morte! puisque l’époux a tué le fils, et la seconde famille écarté la première; puisque j’allais forlaire à la délicatesse, si l’on ne m’eût crié gare, en causant un mécompte aux calculs de mon beau-père, et un préjudice aux droits de ma femme (pauvre Julie! ), et de sa descendance (pauvre Roger!), que j’étais, contrats en main, atteint et convaincu de malversations matrimoniales... que vous-même le croyez, le proclamez... et acceptez les faits...

d’ O II KM ONT.

Ce n’est pas moi qui le crois, tu le sais bien... mais d'autres!..’, et ceux-là mêmes à qui il importait, pour ma lierté, de voir proclamer le contraire!... lit c’est pour cela que j’accepte les faits, comme on se soumet à la nécessité.

HORACE

Celte nécessité, ma mère la comprendra-t-elle plus que moi?

D’ O RÉ MONT

Tu la comprends à merveille.

HORACE

Non...

Non?

HORACE

Pas plus que vous ne l’avez comprise, il y a vingt ans.

■ d’ O RÉ MONT.

Il y a vingt ans?

HORACE

Quand votre mère est morte, la communauté se trouvait en perte.

d’orémont.

Qui te l'a dit?

HORACE

Madame Richaud.

d’orémont.

Quand cela?

HORACE

Le soir môme du jour où Julie et moi avions dû l’informer de

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