‹ La loi et la foi [microform]Chapitre 102 sur 210 · Ep. ad August · texte numérisé non relu

Ep. ad August

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Aux n°* 8 et 9 S. Epiphane montre que les Nazaréens par leur attachement à la Loi se rendent hérétiques, et par leur foi au Christ ont attiré sur eux les persécutions des Juifs, itàvu ouTOt ôè è/9poi rot; louôaioiç u;ràp)joutv.

Les Hérésies judaîsantes après l'âge apostolique.

D'autres sectes judaîsantes ne se contentèrent pas de demeurer fidèles avec une étroitesse pharisaïque aux observances juives, elles altérèrent le dogme chrétien sur Dieu, Jésus-Christ, le canon des Ecritures. C'est de ces sectes que sont sortis, du moins en partie, les apocryphes clémentins dans lesquels l'école de Tubingue voulait voir des restes de la tradition de Pierre opposée à celle de Paul.

Les grandes hérésies des second et troisième siècles ne sont pas des hérésies judaîsantes. Sans doute les adversaires de S. Paul à Colosses, à Ephèse et en Crète ont plus d'un point de ressemblance avec les docteurs gnostiques. Sans doute également les hérétiques contemporains de S. Ignace sont représentés comme entachés de judaïsme, et l'on peut bien croire que leurs doctrines n'ont pas été sans influence sur le développement de la Gnose. Mais quant à la Gnose proprement dite, elle n'est rien moins que judaîsante. Plusieurs des systèmes gnostiques contiennent simplement des erreurs dues à une philosophie erronée, sans faire autrement allusion aux rapports entre l'ancienne et la nouvelle al-

liance, mais d'autres se distinguent par une opposition violente à tout ce qui est Juif. On sait que Marcion attribuait au dieu mauvais tout l'Ancien Testament, et ne gardait dans le Nouveau qu'un évangile (S. Luc) et dix épitres de S. Paul, et encore ces ouvrages étaient-ils remaniés dans un sens encore plus antijudaïsant.

Les erreurs judaïsantes ne se sont donc pas prolongées dans la Gnose proprement dite, mais on les retrouve seulement dans certaines sectes judéo-chrétiennes de Palestine et de Syrie. La première est celle des Gérinthiens^.

Gérinthe, originaire d'Asie, était, au dire de S. Epiphane, un des pharisiens convertis qui firent opposition à la conversion des Gentils. Ensuite à Gorinthe, puis à Golosses, il aurait cherché à entraver l'action de S. Paul, toujours d'après S. Epiphane qui voit en lui le chef des faux docteurs dont parle l'apôtre. Plus tard S. Jean aurait été amené à écrire le quatrième Evangile pour réfuter ses erreurs. La doctrine de Gérinthe ressemble, en effet, à celle des hérétiques décrits dans les épîtres de la captivité. Jésus, selon lui, n'est pas le Ghrist mais un homme sur qui est descendu le Ghrist céleste ou l'Esprit-Saint. Le culte des anges et un certain dualisme, attribuant la Loi,

1. Eusèbe, //. E., III, 28. — Epiph..7/e7-e5., xxviii. — Irénée, Haer., i, 26; Philo sophiimena, vu, 33.

quoique bonne au principe mauvais, sont encore des caractéristiques de son enseignement. Si ces renseignements fournis par S. Epiphane sont exacts, l'hérésie de Gérinthe aurait été le point de départ d'un double courant hérétique. D'une part, on aurait eu la Gnose qui aurait accentué le dualisme et rejeté la Loi; de l'autre, les hérésies judéo-chrétiennes qui auraient accentué les tendances juives et l'opposition à S. Paul.

Malheureusement S. Epiphane paraît assez peu renseigné sur les origines de cette hérésie. Il ignore, par exemple, si à côté de Gérinthe il n'y avait pas un autre hérésiarque du nom de Mérinthe. De plus, S. Irénée, S. Hippolyte, S. Denys d'Alexandrie et Gaïus, fournissent sur la dogmatique de Gérinthe des données assez différentes et quelque peu contradictoires ; aussi l'hypothèse qui le représenterait comme le père de toutes les erreurs philosophiques ou judéo-philosophiques du second siècle, n'est-elle pas suffisamment fondée sur les faits.

Les Ebionites sont classés par tous les hérésiologues auprès des disciples de Gérinthe^. On a beaucoup discuté, sans arriver à une conclusion certaine, sur l'origine de leur nom. Sont-ils ainsi nommés du nom de leur fondateur Ebion,

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