Rom., II
il de plusieurs langues à la fois. La Haggada i, sous sa forme plus tardive, dit même : « Chaque parole qui est sortie de la bouche de la Puissance s'est partagée en soixante-dix langues. Chaque peuple put entendre la voix de Dieu dans sa langue, mais tous les peuples s'enfuirent, seul Israël demeura et reçut la Loi 2. » Aussi est-il le peuple de Dieu. L'ancienne comparaison de l'union nuptiale, employée par les prophètes pour signifier l'union de Yahweh avec Israël, est reprise et développée, et c'est la Loi qui est le gage, la garantie de cette union^. Le Targum du Cantique des cantiques célébrant l'amour de Ya et d'Israël fait de la Loi le trait d'union entre l'un et l'autre. Ainsi nous y lisons : « Quand les fils d'Israël sortirent d'Egypte, la majesté du Seigneur des siècles les conduisait. Et les justes de cette génération dirent : Maître de tous les siècles, entraîne-nous après toi et nous courrons sur les traces de ta bonté. Fais-nous approcher de la base du mont Sinaï et donne-nous ta Loi tirée de tes trésors qui sont dans le firmament et nous nous réjouirons daus les vingt-deux lettres dont elle est écrite ^. » Les plus anciens documents ne parlent pas du
1. On appelle de ce nom l'explication historique et doctrinale de la Loi, par opposition à la Halaka, explication morale.