Le, XVIII
Sans doute la miséricorde de Dieu a encore sa place dans la théologie des rabbins, ainsi plusieurs fois ses bienfaits sont représentés comme des grâces gratuitement accordées . « Ceux qui par leurs œuvres étaient indignes de miséricorde sont cependant sauvés par la miséricorde de Ya », dit le targum d'Osée*. Cependant le plus souvent l'idée des dons de Dieu correspond chez les Juifs à celle de mérite de la part de l'homme. Aussi bien pour le salut de chacun en particulier, que pour le salut de tous en général, les interventions divines ont pour condition préalable une action humaine qui produit une dignité et un mérite : « Il n'y a pas un seul précepte dont l'observation ne soit pas immédiatement suivie de la récompense qui lui convient », dit rabbi Nathan, et si certains commandements ont été donnés aux Israélites, c'est, disent les rabbins, pour leur faire acquérir des mérites 2. La Loi est donc le moyen de justification et de salut, le canal des dons de Dieu; elle est aussi cause de condamnation pour ceux qui ne l'observent pas. L'homme risque pour chaque manquement une condamnation, mais il peut aussi n'avoir pas besoin du don de Dieu comme d'une aumône, il peut se faire écouter avec puissance et comme forcer par son mérite la faveur de Dieu, s'il a dans sa main