Id., III
cette domination universelle du péché. La Loi est bien capable de leur faire connaître le mal, elle n'est pas capable de le leur faire éviter. La Loi, en effet, se trouve avoir pour résultat de multiplier les transgressions en augmentant la connaissance du devoir. Elle est sainte, elle contient des commandements justes et bons, mais le péché se sert de la Loi qui est bonne pour nous donner la mort. « La Loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n'ai connu le péché que par une loi; par exemple je n'aurais pas connu la convoitise si la Loi ne disait : Tu ne convoiteras pas. Puis le péché, saisissant l'occasion, a fait naître en moi par le commandement toutes sortes de convoitises; car sans loi, le péché est mort. Pour moi, je vivais autrefois sans loi, mais le commandement étant venu, le péché a pris vie, et moi, je suis mort. Ainsi le commandement qui devait conduire à la vie s'est trouvé pour moi conduire à la mort. Car le péché, saisissant l'occasion, m'a séduit par le commandement et par lui il m'a donné la mort. Ainsi donc la Loi est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. Une chose bonne a donc été pour moi une cause de mort ? Loin de là ! Mais c'est le péché qui m'a donné la mort afin de se montrer péché en me donnant la mort par le moyen d'une chose bonne, et de se développer à l'excès comme péché par le moyen du commandement (l'va YivYjxai 7,aô '
ÛTTapSoA'rjv à{J.apTa)Xbç y) à[j'.apTta oioc t^ç èvToX^ç^). Tous ceux-là donc sont sous la malédiction qui s'appuient sur les œuvres de la Loi-. »
La théorie de S. Paul sur l'inefficacité de la Loi par rapport à la justification se ramène donc à cette assertion. La Loi est inefficace parce qu'elle ne peut pas affranchir l'homme de l'esclavage du péché auquel il est asservi.
Quelle est donc la notion exacte du péché d'après S. Paul?
Le péché peut être considéré à un double point de vue : comme un acte de l'homme en opposition à la volonté de Dieu, et comme une force opposée, elle aussi, à la volonté de Dieu.
Gomme acte de l'homme, le péché est une désobéissance à la loi de Dieu ; un acte n'est mauvais que s'il y aune loi qui l'interdit, et si l'homme, malgré la loi, commet l'acte défendu et offense ainsi le législateur. « Le péché en effet n'est pas imputé tant qu'il n'y a pas une loi^. Là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression^. » La faute commise par celui qui transgresse un précepte est proportionnée à la connaissance qu'il a de ce précepte. Mais, en fait, tout individu, même