The meaning isbrought out in fuU in ch. iv. 15 Hère it
is expressly stated hat the person justifîed has nothing to show in the way of meritorious acts ; his one asset (so to speak) in faith and this faith si taken as an « équivalent for righteouness ». Gomment, in the epistle to the Romans, p. 31.
On ne peut être aussi affirmatif que grâce à une confusion entre la justice acquise par l'homme et la justice donnée par Dieu» Le passage cité exclut formellement l'idée d'une justification méritée par les efforts humains, mais non par celle d'un changement opéré par Dieu dans le cœur des croyants.
Quant à l'argument philologique présenté par l'exégèse protestante, il repose sur des données inexactes.
1° C'est à tort que l'on invoque le sens général des verbes en ow. Si, quand le sujet est un homme, Sixatouv signifie proclamer juste, comme à^touv proclamer digne, ce n'est pas cependant la signification première de ces verbes. En réalité, âtxatouv signifie rendre juste comme Xôu-/.oi5v signifie rendre blanc. Mais un homme ne peut rendre juste son prochain que dans sa pensée ou dans l'estime des autres. On ne peut donc pas, quand c'est un homme qui justifie, parler de justification intérieure. Mais Dieu ayant toute puissance, son action n'est pas limitée comme la nôtre, il ne se borne pas à proclamer l'homme juste, il le rend juste.
2° Les exemples cités ne sont pas de nature à déterminer l'usage constant et universel. Sans doute en bien des cas Sixaiouv signifie proclame?' juste, mais non pas traiter comme juste, ce qu'il devrait signifier ici. De plus, jamais il n'est employé
en parlant d'un pécheur qui reste pécheur même après avoir été justifié. Sodome et Samarie en effet ne sont pas déclarées justes d'une façon absolue, mais déclarées justes en comparaison de Jérusalem,, c'est-à-dire plus justes que Jérusalem. En outre, âiV.aioç correspond à l'araméen K'iSj qui a un sens
judiciaire; Ziy.(xiouv peut donc avoir également un sens judiciaire, tout en signifiant tïoieîv tivu oaaiov.
3° Enfin on trouve dans les Septante des cas où le verbe oixatoijv est employé dans le sens de justifier, rendre juste, tandis que d'autres verbes, comme ccKO'A-zaXvai^ ayant d'ordinaire le sens physique, ont une autre signification. Ainsi on lit au Psaume lxxii (lxxiii) , 13 : Kai eka* "Apa \}.axaiiùç eoiv.(xi(i)(T(x TY]v xapciav [;.ou xal èvidià|j//îv dv àôwoiç xaç. Xeîpâç [J.OU.
On peut encore citer Isaïe, lui, 11 : « Le juste mon serviteurjustifiera beaucoup d'hommes, et luimême portera leurs iniquités. » Dans ces deux passages le sens est indiqué par le parallélisme, bien que dans le second le texte des Septante soit moins^ clair 1.