PhiL, I
foi d'Abraham a pour objet l'assurance du salut messianique qui doit venir par sa race. Dieu n'est pas seulement le maître qui lui donne un enseignement, il est le bienfaiteur qui promet des faveurs pour l'avenir, et la promesse divine est à proprement parler ce à quoi le patriarche croit et adhère. 11 attend de Dieu la réalisation de ses promesses, ill'attend avec confiance, malgré tous les motifs qu'il aurait humainement de désespérer. La foi n'est donc pas séparée de l'espérance, quoiqu'elle en soit cependant distincte, car l'espérance n'est pas la simple confiance, mais l'ardeur généreuse de la confiance, produisant le désir des biens futurs et la patience dans les épreuves.
Pour le chrétien, la foi ne porte pas, comme pour Abraham, surtout sur les réalités à venir, la promesse divine est déjà réalisée en Jésus-Christ, et s'il reste encore des biens à attendre et à espérer, nous en avons reçu par ce même Jésus-Christ un gage assuré. L'objet de notre foi, c'est donc avant tout Jésus mort efc ressuscité, Jésus sauveur et gage de la vie éternelle. Il y a dans la foi chrétienne une adhésion à Jésus-Christ, à ce Jésus qui n'est pas pour le croyant un simple souvenir, mais une personne toujours vivante. En définitive, quiconque croit à l'Évangile reproduit les sentiments de S. Pierre disant à son maître : « Vous êtes le Christ, fils du Dieu vivant. »
La foi, ayant pour objet la vérité et les promesses renfermées en Jésus-Christ, produira donc dans l'âme l'adhésion à Jésus, et cette adhésion S. Paul ne la comprend pas sans le don total de soi. De plus, en même temps que nous nous donnons à Dieu par Jésus-Christ, ou du moins que nous nous tournons vers Dieu, nous nous détournons de ce qui est opposé à Dieu, c'est-à-dire du péché, et nous condamnons notre propre conduite dans la mesure où elle a été conforme à la loi du péché.
Si S. Paul ne parle pas de cet effet de la foi dans le passage relatif à l'exemple d'Abraham, c'est que pour Abraham il ne peut être question d'une conversion. Mais sa doctrine sur ce pointue laisse aucun doute ; ainsi, dans la première épître aux Thessaloniciens, la conversion est bien représentée comme le fruit de la foi^. Et la conversion c'est l'acte de l'âme qui, orientée jusque-là du côté de l'erreur et du mal, s'oriente désormais du côté de Dieu.
En résumé, la foi apparaît dans ce passage comme une adhésion ferme de toute l'âme à la parole de Dieu promettant et donnant le salut par Jésus-Christ. Cette adhésion comprend une conviction inébranlable qui est en même temps un