I Thess., I
hommage religieux; à la conviction se joignent le désir des biens attendus fruit d'une confiance généreuse dans les promesses divines, et une conversion de la volonté qui se détourne du péché pour se tourner vers Dieu.
Mais en d'autres passages le même nom de foi s'emploie en des sens dérivés de ce sens premier, qui demeure cependant toujours le principal. Ainsi de l'adhésion à l'Evangile, à la parole de Dieu annonçant la bonne nouvelle du salut en Jésus- Christ, découlent des principes et des règles de conduite, bien différents des principes humains et des règles humaines. Agir suivant ces principes qui doivent éclairer notre conscience sera agir selon la foi ; agir contre ces principes sera commettre le péché ; c'est ce que veut dire la phrase : « Tout ce qui n'est pas de la foi est péché ^ ». De même le système religieux de la justification par la foi sera désigné sous le nom de foi : « Avant la venue de la foi, nous étions enfermés sous la Loi en vue de la foi qui devait être révélée, en sorte que la Loi a été notre pédagogue pour nous conduire au Christ afin que nous fussions justifiés par la foi. Mais la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un pédagogue^. »
Ces sens dérivés sont intéressants, surtout en
i. nfiv ôè ô où>c èx TtîffTEw; àfiaptia ècj-tiv. Rom., XIV, 23. 2. Gai., III, 23--25.
ce qu'ils permettent de mieux voir dans toute sa complexité l'idée fondamentale de la foi dans S. Paul. Ce qui pour lui s'oppose directement à la foi, c'est moins l'incroyance, le refus d'adhérer à des propositions révélées, que la Loi, c'est-à-dire le pharisaïsme. Les Pharisiens admettaient les vérités comprises dans la révélation faite à Abraham et cependant ils ne sont pas les héritiers de la foi de leur patriarche ; leur état, l'état de Saul avant sa conversion, est décrit comme un état d'infidélité : «J'ai agi par ignorance, dans l'infidélité, » lisons-nous dans la première épître à Timothée*. Si les Pharisiens n'ont pas la foi, au sens que S. Paul attache à ce terme, c'est que leur croyance n'est pas pour eux principe de vie et d'action : dans leurs relations avec Dieu, ils agissent en faisant fond sur eux-mêmes et non sur Dieu et son Christ. Ils mettent leur confiance dans la chair^. Il leur manque les dispositions d'humilité et de confiance que S. Paul ne sépare pas de l'adhésion à Jésus vérité, vie, et énergie surnaturelle.
Il est possible maintenant de confronter ensemble la notion catholique et la notion protestante de la foi, et de voir laquelle des deux est conforme à la notion paulinienne.
Pour les protestants, la foi consiste dans une