‹ La loi et la foi [microform]Chapitre 148 sur 210 · èv (7ap/.t TreTCOtOoTeç. Philip., m · texte numérisé non relu

èv (7ap/.t TreTCOtOoTeç. Philip., m

LA JUSTIFICATIOx\ PAR LA FOL 251

confiance assurée en la miséricorde de Dieu, qui nous a remis nos péchés à cause de Jésus-Christ. Celui qui veut obtenir la rémission de ses fautes doit, sans avoir égard à son indisposition et à sa faiblesse, croire fermement qu'elles lui sont remises. C'est la condition nécessaire et suffisante pour être traité par Dieu comme si l'on était juste.

Pour les théologiens catholiques, au contraire, la foi consiste dans l'adhésion ferme à la vérité révélée de Dieu, mais la foi ne peut justifier sans être accompagnée de l'espérance, de l'amour de Dieu, et par suite du repentir de nos fautes.

Or si, pour S. Paul, la confiance en Jésus-Christ est comprise dans la notion de la foi, les deux termes de iziaxiç et de izz^oi^Tiaiq ne sont pourtant pas synonymes. C'est restreindre arbitrairement le sens du premier que de le ramener à celui du second, surtout quand on fait porter la confiance sur le fait spécial et personnel de la rémission des péchés, et que l'on ne tient aucun compte de tout le reste. C'est défigurer doublement la pensée de S. Paul, par suppression et par corruption.

Pour S. Paul, avoir la foi, c'est croire à la parole de Dieu, et la foi qui apporte la vie surnaturelle, c'est la foi qui opère par la charité.

Comment la foi apporte-t-elle la justification? Ce n'est pas la foi elle-même, qui confère la justice : c'est Dieu qui justifie l'homme quand

rhomme a la foi. L'action de justifier est toujours en effet rapportée à Dieu. « Dieu se fait reconnaître juste et justifiant celui qui croit ^, il justifie les circoncis par principe de foi, et les incirconcis par le moyen de la foi 2. »

Le rapport entre la justification et la foi est exprimé par les prépositions ly., §ia, ou par le datif simple. L'expression oixaioUv, oixaiouaôai kv. tuCcttcwç retient six fois chez S. Paul. On trouve deux fois oia, et une fois TrfoTct^. L'expression ^iy.cx.ioq:ùtq kv. {■zrç) ■juicTTewç revient trois fois, oixatoativï) 'i<:i<5xs.{ùq et dioc xiaxswç chacune deux fois. Les expressions e'iç ■âtaTi'*', sic Tcàvtaç toùç ziaxsuovTaç, àirl t^ TTicTSt, TravTt -ww TciaxcuovTi, chacune une fois^. Les deux expressions les plus complètes sont celles que nous avons déjà citées : oraawaùvyj Ôsou Sià TCi'axswç 'Irjcrou XpicxTOu elq Tuavtaç toÙç Tî'.ateuovTaç, et tyjv Sià Tuiaxeioç tyjv iv. Ssou otxatoauvYjV ÈTil tyj TcCaTst.

1. £Îç TÔ slvat aÙTÔv Sîxaiov xai oixaioùvta tov èx îcto-rewç. 'Iïjo-oû. Rom. III, 2B.

2. Stxaiaxret TcepiTojXTJv èx Tttcrrewi; xœl àxpoêudTiav -Stà Tvjç niCTTEio;. Rom., m, 30. Dieu donne au circoncis qui possède déjà la Loi une justice qui vient de la foi èx ncatew;. Il donne à l'incirconcis qui ne possède pas la Loi, la même justice; toutefois, pour l'incirconcis, la foi est non seulement la source, mais le moyen de la justification ôià irîaTew;.

3. èx Rom., m, 26, 30; v, 1 ; Gai., 11, 16; m, 8-24. — 8ià Rom., III, 30; GaL, 11, 16. — Dat., Rom., m.

4. ex Rom., i. 17; ix, 30; x, 6. — Stà Rom., III, 22; Philip., m, 9; Gén., Rom., iv, 11-13. Autres expressions Rom., i, 17; m, 22 ; Philip,, m, 9; Rom., x, 4.

La justice que l'homme reçoit, s'il possède la foi, est donc une participation de la justice de Dieu, et la foi est pour l'homme le canal par où lui vient cette justice. Elle est aussi une condition nécessaire pour qu'il puisse la recevoir.

C'est dans ce sens qu'il faut interpréter la citation de la Genèse à propos d'Abraham, citation qui se retrouve dans l'épître aux Galates et dans l'épître aux Romains^ : « Abraham crut à Dieu et cela lui fut imputé à justice. » Selon les exégètes qui attribuent à la justification le sens d'acquittement, de jugement déclarant « non coupable », le verbe ekoyiiyQ'q est traduit par « fut considéré comme un équivalent » . Donc quand on dit que la foi d'Abraham lui fut imputée à justice, on veut dire que Dieu proclama Abraham juste parce que sa foi fut considérée comme un équivalent delà justice 2. En réalité, le sens de cette expression, en elle-même obscure, IXoYfoÔ*/] aùxw elç âuatoauvvjv, s'éclaire par l'ensemble de la théorie de S. Paul sur le rôle de la foi dans la justification. Il n'est pas question d'un jugement acquittant le croyant malgré son injustice, mais d'une action de Dieu communiquant sa justice à celui qui croit. En disant : Abraham

1. 'AêpaàjjL è7tî<jTeuff£v t({J 6eôJ y.at sXoficÔYi aùi(3 eîç ôixacoayvriv . Gen., XX, 6; Gai., m, 6; Rom., iv, 3.

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