‹ La loi et la foi [microform]Chapitre 155 sur 210 · Gai., III · texte numérisé non relu

Gai., III

l'autre la partie dogmatique de l'épître aux Golossiens.

S. Paul au chapitre v de l'épître aux Romains a établi une comparaison entre l'œuvre du premier Adam, œuvre de mort, et l'œuvre du second Adam, œuvre de vie. Il continue en ces termes : « Nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort afin que comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous marchions nous aussi dans une vie nouvelle. Si en effet nous avons été greffés sur lui par la ressemblance de sa mort, nous le serons aussi par celle de sa résurrection : sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus les esclaves du péché, car celui qui est mort est affranchi du péché. Mais si nous sommes morts en Jésus-Christ, nous croyons que nous vivrons avec lui, sachant que le Christ ressuscité des morts ne meurt plus, la mort n'a plus sur lui d'empire, car sa mort fut une mort au péché une fois pour toutes, et sa vie est une vie pour Dieu. »

Le Christ est mort au péché, non qu'il fût pécheur lui-même (il serait absurde de le penser), mgiis dans la personne du Christ est résumée, représentée, récapitulée toute l'humanité pèche-

resse. Cette humanité pécheresse représentée par le Christ est mise à mort sur la Croix, et à sa place, Dieu crée à sa propre ressemblance une humanité nouvelle, dans la justice et la sainteté de la vérité ^ . Nous entrons dès lors avec le Christ et par le Christ dans l'état de justice, qui est pour nous le principe de la vie bienheureuse dans la gloire éternelle.

Dans l'épitre aux Colossiens (i, 15-22), l'apôtre compare le rôle du Fils de Dieu dans la création, et son rôle de rédempteur et de sauveur dans la régénération de l'humanité.

« Il (le Fils) est l'image du Dieu invisible — né avant toute créature — car c'est en lui que toutes choses ont été créées, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre, les choses visibles et les choses invisibles, trônes, dominations, principautés, puissances; tout a été créé par lui et en vue de lui. Il est, lui, avant toutes choses et toutes choses subsistent en lui.

« Il est la tête du corps de l'Eglise — lui qui est le principe, le premier-né d'entre les morts afin qu'en toutes choses il tienne la première place. — Car «il convient que toute la plénitude (des êtres) habite en lui, et qu'il réconcilie en lui toutes choses ayant pacifié par le sang de sa croix

1. TÔv xaivôv âvôpwTcov xov xa-rà Osov xTccrôévra èv Stxatoffûv^g xal offidtYiTt Tyjç àXïiôeta!;. Eph., iv, 24.

celles qui sont sur la terre et celles qui sont dans les cieux. Vous aussi qui étiez autrefois éloignés de lui par vos œuvres mauvaises, il vous a maintenant réconciliés par la mort de son Fils en son corps charnel pour vous faire paraître devant lui saints, sans tache et sans reproche. »

L'œuvre de Dieu est donc d'abord la création. La création a été faite par le Fils, en lui et en vue de lui (ot'aixou, èv aÙTÔ, clç aÙTov). — Puis, après le péché, l'œuvre de Dieu a été la réconciliation de toutes choses avec lui-même, la justification et la sanctification de l'humanité (-niapaa-^aat ùimq à-^iouç vtœl ài)M[>.ouç Y.od à^^ôyvX'qxouç xaxevwxiov abiou). Dans cette œuvre le premier-né d'entre les morts, Jésus-Christ, le Fils Unique est toujours l'instrument de Dieu, mais il l'est par son incarnation et par sa mort rédemptrice.

C'est donc par le Christ mourant et ressuscité que Dieu nous justifie, et le baptême nous confère la grâce de la justification parce qu'il nous incorpore au Christ. Et si l'on veut synthétiser l'enseignement de l'apôtre sur ce sujet, on ne peut rien trouver de plus précis que la doctrine du concile de Trente (sess. VI, cap. 7) :

« Justifîcatio.... non est sola peccatorum re^ missio sed et sanctificatio et venovatio interioris hominis per voluntariam susceptionem gratiœ et donoj'um; unde liomo ex injusto fit

justus, et ex inimico amicus ut sit haeres secundum spem vitse ssternse. Hujus justificationis causse sunt, finalis quidem gloria Dei et Christi ac cita estenia; efflciens çero misericors Deus qui gratuito ahluit et sanctificat signans et ungens Spiritu promissionîs Sancto qui est pignus hsereditatis nostrae : meritoria autem dilectissimus Unigenitus suus Dominus Noster Jésus Christus, qui cum essemus inimici propter nimiam charitatem qua dilexit nos, sua sanctissima passione in ligno crucis nobis justificationem meruit et pro nobis Deo Patri satisfecit : instrumentalis autem sacramentum Baptismi quod est sacramentum fidei sine qua nulli unquam contigit justificatio : demum unica formalis causa est justitia Dei non qua ipse justus est sed qua nos justos facit, qua videlicet ah eo donati renovamur spiritu mentis nostrae et non modo reputamur sed verejusti nominamur et sumus, justitiam in nobis recipientes unusquisque suam secundum mensuram, quam Spiritus Sanctus partitur singulis prout vult, et secundum propriam cujusque dispositionem et cooperationem, »

Et quant au rôle de la foi dans la justification, le chapitre suivant l'indique avec autant de netteté :

Cum vero Apostolus dicit justificari hominem

pej' fidem et gratis ea verha in eo sensu intelligenda sunt quem perpétuas Ecclesias catholicœ sensus tenuit et expressit : ut scilicet per fidem ideo justificari dicamur quia fides est humant salutis initium^ fundamentum et ra- S,ix omnis justificationis : sine qua impossihile est placere Deo et ad filioî^um ejus consortium pervenire : gratis autem justificari ideo dicajnur, quia nihil eorum quœ justificationem prxcedunt, sive fides sive opéra, ipsam justificationis gratiam promeretur. Si enim gratia est, jam non ex operibus : alioquin ut idem Apostolus dicit, gratia jam non est gratia.

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