‹ La loi et la foi [microform]Chapitre 175 sur 210 · I Cor., XII · texte numérisé non relu

I Cor., XII

la gloire éternelle de Notre-Seigneur, et réalisera la glorification et le triomphe de son Père en nous et en toutes choses.

C'est là l'idéal de la vie chrétienne envisagé, s'il est permis de parler de la sorte, du point de vue de Dieu. Est-il possible de l'envisager d'un autre point de vue, du point de vue de l'homme, c'est-àdire d& se demander si le principe nouveau d'énergie et d'action qui distingue le chrétien de l'infidèle vient contredire l'énergie et l'action de la nature ou, au contraire, les favoriser? En consé- (juencepour correspondre à la grâce divine devonsnous nous appliquer surtout à mourir à la nature corrompue par le péché ou au contraire à développer cette nature dans le sens de ses énergies primitives simplement emprisonnées, mais non complètement viciées ? Il est certain que S. Paul n'a jamais traité ex professa la question des effets de la chute originelle sur la nature , ou celle des rapports de l'ordre naturel et de l'ordre surnaturel. Il n'a eu à s'occuper ni de Pelage, ni de Luther, ni de Baïus, ni de Jansénius. Cependant sa pensée se laisse en plusieurs endroits assez clairement discerner pour permettre d'en déduire les éléments d'une réponse.

L'homme est représenté comme un esclave, captif du péché, vendu au péché, sans force pour accomplir le bien, mais conservant cependant le désir de le faire, et reconnaissant que la Loi de

Dieu est bonne et doit être observée ^. Ce désir de faire le bien et d'observer la Loi, ce premier commencement d'amour que l'homme ressent naturellement envers son créateur n'est par lui-même qu'un amour faible et imparfait, impuissant sans la grâce à nous faire effectivement aimer Dieu par-dessus toutes choses-. Mais si l'homme voit le bien sans pouvoir l'accomplir ,s'ilrse sent esclave du mal, il firémit sous le poids de ses chaînes et soupire après le Sauveur qui lui rendra enfin sa pleine liberté. Et en cela sa condition est celle de toute

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