Rom., VII
2. Cf. S. François de Sales : « Nostrecœur humain produit bien naturellement certains commencemens d'amour envers Dieu. Mais d'en venir jusques à l'aymer sur toutes choses, qui est la vraye maturité de l'amour deu à cette suprême bonté, cela n'appartient qu'aux cœurs animés et assistés de la grâce céleste, et qui sont en Testât de la sainte charité ; et ce petit amour imparfait, duquel la nature en elle-mesme sent les eslans, ce n'est qu'un certain vouloir sans vouloir, un vouloir qui voudroit mais qui ne veut pas, un vouloir stérile qui ne produit point de vrais effetz, un vouloir paralytique qui voit la piscine salutaire du saint amour, mais qui n'a pas la force de s'y jetter ; et en fin ce vouloir est un avorton de la bonne volonté qui n'a pas la vie de la généreuse vigueur requise pour en effet préférer Dieu à toutes choses : dont l'apostre parlant en la personne du pécheur, s'écrie : « Le « vouloir est bien en moi, mays je ne trouve pas le moyen de « l'accomplir. » Traité de l'amour de Dieu, livre I, ch. xvii : Que <{ nous n'avons pas naturellement le pouvoir d'aymer Dieu sur « toutes choses. »
Il faut lire le chapitre entier ainsi que le chapitre précédent : « Que nous avons une inclination naturelle d'aymer Dieu sur toutes choses ».
la création, car la création tout entière a été avec lui et à cause de lui soumise à la vanité, et soupire après sa délivrance i.
Ainsi la vie nouvelle que Jésus-Christ est venu apporter au monde est en quelque sorte demandée, appelée par l'humanité dans son état présent. Elle est appelée non parce qu'elle répond à une exigence de la nature humaine, mais parce qu'elle répond à une indigence. Et aux yeux du Père infiniment miséricordieux et bon, cette indigence est un titre à ses faveurs. C'est même pour ce motif, diront plus tard les théologiens continuateurs de la pensée de S. Paul, qu'il convenait au Fils de Dieu de prendre non la nature angélique mais la nature humaine, « car la nature humaine avaitbesoin de réparation et cette indigence ne se trouvait pas dans la nature angélique ~ ».
Mais en étant élevés à une vie surnaturelle par l'adoption qui nous fait enfants de Dieu, nous ne perdons pas nos perfections naturelles. L'activité de nos facultés humaines n'est pas diminuée, elle est au contraire augmentée et développée.
On peut donc conclure de la doctrine de S . Paul que la grâce est d'un ordre supérieur à celui de la