Cf. Mt., V
celle-ci étant pour l'Église un adversaire du dehors. Mais la séparation de fait entre l'une et l'autre n'est pas accomplie, l'Eglise grandit à l'ombre de la Synagogue, et la Synagogue n'a pas encore repoussé l'Eglise. Le même antagonisme de principes va se produire dans le sein même de la communauté des fidèles ; de là une crise interne dont le dénouement sera la rupture complète du christianisme avec le judaïsme. Cette crise qui constitue la controverse judaïsante est bien différente d'une persécution suscitée du dehors, c'est néanmoins la même lutte : l'esprit pharisien de la Synagogue tente d'étouffer l'esprit chrétien.
Conversions opérées en dehors du milieu juif.
A la mort d'Etienne se rattachent deux événements fort importants pour l'histoire du christianisme, et spécialement pour l'histoire des judaïsants. Ce sont la dispersion des fidèles et la conversion de S. Paul.
Les Pharisiens, en effet, ne furent pas satisfaits par la mort du diacre, ils suscitèrent encore contre les disciples de Jésus une violente persécution, et les fidèles, sauf les apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de la Judée et de la Samarie et
parcouraient le pays en annonçant la parole de Dieui.
Les Samaritains furent alors évangélisés, et, chose digne de remarque, ce ne furent pas les apôtres qui prirent l'initiative de leur évangélisatioQ; ce fut le diacre Philippe. Les apôtres qui étaient restés à Jérusalem envoyèrent seulement Pierre et Jean quand les premières conversions furent accomplies. La conduite de Philippe fut ainsi sanctionnée par l'autorité ecclésiastique, et les deux apôtres firent descendre le Saint-Esprit sur les nouveaux fidèles, car leur missionnaire, n'étant que diacre, leur avait seulement conféré le baptême 2.
Parmi les convertis de Samarie se trouvait un magicien du nom de Simon, qui avait été frappé de surprise à la vue des miracles opérés par le diacre Philippe. Les manifestations extérieures qui accompagnaient la venue du Saint-Esprit dans les âmes l' étonnèrent également, et il aurait voulu acheter aux apôtres le pouvoir de donner lui aussi le Saint-Esprit par l'imposition des mains 3. Le livre des Actes ne dit pas ce qu'il advint de lui après qu'il eut vu sa demande repoussée, mais chez tous les anciens historiens de l'Église, son