Mt., XXIV, XXV ; Me, xiii; Le, xxi
Rédemption.
Un des points sur lesquels S. Paul insiste le plus, et qui est l'un des fondements de sa théologie, c'est le dogme de la Rédemption. La mort de Jésus nous a affranchis du péché et nous passons avec le Christ ressuscité dans une vie nouvelle et surnaturelle. Ce dogme delà Rédemption, dans lequel certains critiques ont voulu voir une doctrine exclusivement paulinienne, se retrouve cependant dans l'Evangile. Jésus n'est pas seulement le prédicateur du règne de Dieu, il ne se contente pas d'exposer aux âmes de bonne volonté la doctrine du Père céleste, et d'accorder le pardon des péchés à ceux qui croient en son nom. Il ne se borne pas non plus à annoncer pour l'avenir, comme l'avaient fait les prophètes, le jugement de tous les hommes. Ni la prédication de la paternité divine, ni les prophéties eschatologiques ne suffisent à résumer toute sa mission. Les textes étudiés plus haut montrent qu'il est le Sauveur venu pour renouveler l'humanité et communiquer la justice et le salut à tous par la foi. Mais comment doit-il réaliser son œuvre? Jésus est-il seulement le héraut de la bonne nouvelle, le médiateur par qui Dieu donne ses grâces ? n'est-il pas aussi le Rédempteur qui mérite par sa mort tous les bienfaits divins ?
Ici encore l'enseignement de l'Évangile est formel. Rares au début delà vie publique du Sauveur, ses enseignements au sujet de sa mort deviennent plus fréquents et plus explicites à mesure que son heure approche. Il veut par ses révélations sagement progressives éviter le scandale de ses apôtrès, qui attendent un Messie glorieux et non un Messie souffrant, il leur fait voir que sa mort fait partie de sa mission et que, sans sa mort, il n'accomplirait pas son œuvre.
Durant son ministère en Galilée, il commence par des allusions lointaines aux jours qui doivent venir, jours dans lesquels l'époux sera enlevé à l'affection de ses amis ^ Vers la fin de son ministère dans cette contrée, alors qu'il a donné à ses apôtres la formation suffisante, et qu'il a obtenu d'eux par la bouche de Pierre une reconnaissance explicite de sa personne et de sa mission, « il commence à leur enseigner que le Fils de l'Homme doit souffrir beaucoup et être rejeté par les anciens, les princes des prêtres et les scribes, et être mis à mort, puis ressusciter au bout de trois jours ^ ». La surprise et l'étonnement qu'une pareille révélation provoqua chez les apôtres montrent bien que Notre- Seigneur n'aurait pas pu leur parler de la sorte avant de les avoir suffisamment préparés à l'en-