IV
Ainsi la Loi est abolie, elle n'a jamais servi à justifier les hommes, elle ne sert plus à les garder comme des enfants contre les écarts de leur volonté propre puisque l'Esprit de Dieu suffit à les conduire. Inutile donc aux fidèles de se faire circoncire et de se rendre ainsi les esclaves de la Loi.
Mais Paul ne se borne pas à un exposé dogmatique et moral de sa thèse et des règles de conduite qui en découlent, son argumentation est coupée d'exhortations vives et pressantes. Il connaît les Galates, leur bonne volonté, leur zèle, il souffre de les voir égarés par un petit groupe de docteurs sans mission.
Aussi laisse-t-il parler non seulement son esprit, mais aussi son cœur : « J'ai peur, dit-il, d'avoir travaillé en vain parmi vous. Devenez comme moi puisque moi-même je suis comme vous, frères, je vous en supplie. Quand je vous ai pour la première fois annoncé l'Évangile, vous savez quelle était l'infirmité de ma chair ; et cependant ce qui dans ma chair était une épreuve pour vous, vous ne l'avez ni méprisé ni repoussé ; mais vous m'avez reçu comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus. Que sont devenus ces heureux sentiments ? Car je vous rends ce témoignage que, s'il eût été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. Je serais donc devenu votre
ennemi parce que je vous ai dit la vérité? L'affection dont ces gens font étalage pour vous n'est pas bonne ; ils veulent vous détacher de nous afin que vous vous attachiez à eux. Il est beau d'être l'objet d'une vive affection quand c'est dans le bien, toujours, et non pas seulement quand je suis présent parmi vous. Mes petits enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous, combien je voudrais être auprès de vous à cette heure et changer de langage, car je suis dans une grande perplexité à votre sujet^ ! »
Un peu plus loin il s'irrite contre les faux frères qui ont causé le trouble chez les fidèles : « Vous couriez si bien, qui vous a arrêtés pour vous empêcher d'obéir à la vérité? Cette persuasion ne vient pas de celui qui vous appelle. Un peu de levain fait fermenter toute la pâte. J'ai cette confiance en vous dans le Seigneur que vous ne penserez pas autrement ; mais celui qui met le trouble parmi vous en portera la peine, quel qu'il soit. Pour moi, mes Frères, s'il est vrai que je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté? Le scandale de la croix a donc été levé ! Ah ! qu'ils se fassent plutôt mutiler complètement ceux qui vous troublent 2! »