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mais toute TCopvsta n'est pas nécessairement une violation des préceptes du Lévitique. Ce serait restreindre le sens de ce terme qui chez les auteurs sacrés, aussi bien que chez les auteurs profanes, désigne toute sorte d'impudicité en général.
Aussi avant d'admettre l'hypothèse que nous examinons, nous pouvons nous demander s'il n'y aurait pas quelque autre manière d'expliquer les termes du discours de Jacques et du Décret des Apôtres.
Nous voyons, par le livre des Actes, que les apôtres, sur la proposition de Jacques, jugent nécessaire d'apporter quelques restrictions explicites à la liberté des nouveaux convertis. Les premières restrictions ont trait à certains aliments, la quatrième aux fautes impures. La difficulté vient de ce mélange d'interdictions de droit naturel et d'interdictions de droit positif. Les deux hypothèses examinées plus haut la résolvaient en ramenant toutes les défenses soit à des défenses d'ordre naturel, soit à des défenses d'ordre positif. Est-il donc impossible de conserver aux mots leur sens ordinaire et d'expliquer ce mélange de défenses d'ordres différents par les circonstances dans lesquelles fut rendu le Décret?
Une des pratiques juives qui avaient le plus vivement choqué les païens convertis et Paul leur
défenseur, c'était le refus de s'asseoir à la table des incirconcis. C'est même à ce propos-là qu'avait éclaté l'incident d'Antioclie, Pierre ayant fini par céder aux instances des judaïsants et par cesser de manger avec les Gentils. Il fallait donc prendre les mesures nécessaires pour empêcher le retour de pareilles scènes fâcheuses, et ôter aux Juifs fidèles tout prétexte de refuser les invitations des incirconcis. Or, les Juifs auraient pu craindre d'avoir à manger chez les Gentils quelque aliment impur, principalement un animal étouffé ou dont le sang n'aurait pas été répandu, ou encore des viandes offertes aux idoles. Voilà pourquoi on prescrit à tous les convertis l'abstinence de ces aliments. Une mesure contraire, outre qu'elle aurait choqué les chrétiens d'origine juive en leur imposant indirectement des actes défendus par la Loi, aurait empêché la conversion de bien des Juifs qui n'auraient pas voulu, en se convertissant à l'Évangile, entrer en relation avec les Gentils, au risque de s'exposer à manquer aux prescriptions légales.
Quant à la quatrième défense, il faut se souvenir que les païens ne considéraient pas l'impudicité comme un désordre grave, et les apôtres avaient dû sentir le besoin de fortifier par un précepte positif, une obligation qui ne s'imposait sans doute pas avec assez de force à la conscience de tous .
Ainsi, dans cette hypothèse, les apôtres n'auraient fait aucune assimilation entre les chrétiens et les prosélytes, les interdictions formulées dans le décret n'auraient pas été motivées par le désir de donner de la part des G entils quelque satisfaction aux partisans de la Loi, mais plutôt par le désir de laisser les fidèles venus du judaïsme fréquenter les fidèles venus du paganisme sans s'exposer à manquer aux prescriptions légales. Elles auraient eu aussi pour but de rappeler à tous un principe de la loi morale, en danger d'être oublié de quelques-uns.
Bien entendu, cette interprétation n'est qu'une hypothèse, et il faudrait, pour pouvoir posséder la certitude sur cette question, être mieux que nous ne le sommes au courant des circonstances dans lesquelles fut rendu le Décret. Mais c'est une hypothèse vraisemblable.
Du reste, que l'on se range à cette solution ou à la précédente, il reste établi que le Décret des Apôtres consacrait d'une façon définitive la liberté des païens convertis. Ce qui pouvait rester d'obligations positives n'empêchait pas qu'ils étaient exempts d'observer une Loi reconnue impuissante à procurer le salut. Le principe de vie et de sainteté n'est pas dans la Loi, il est dans l'Évangile. C'est le triomphe complet des idées dont Paul a été le plus ardent champion et le plus ferme défenseur.
Triomphe complet : le mot semblerait sans doute un peu fort à certains critiques, à ceux du moins qui, avec Ramsay*, supposent que le Décret laissait subsister, en fait sinon en droit, une différence entre les chrétiens d'origine diverse. N'aurait-on pas pu, même après le concile, distinguer comme deux degrés de perfection chrétienne d'après le plus ou moins d'exactitude à observer la Loi ? Au degré supérieur auraient été les fidèles d'origine juive, et les fidèles de race païenne entrés par la circoncision et la pratique des prescriptions légales dans la société d'Israël; au degré inférieur auraient été les autres fidèles, qui, à l'exemple des prosélytes de la porte, observaient seulement les commandements strictement indispensables.
Cette théorie des deux degrés ne repose sur aucun fondement positif dans le livre des Actes : nulle part on ne voit que le Décret des Apôtres ait été interprété de la sorte. C'est donc une hypothèse tout à fait gratuite, et même peu vraisemblable, car elle est en contradiction avec les discours prononcés durant la discussion, avec le sens et le but connu du Décret, avec les résultats mentionnés dans les Actes.
Les discours en effet, celui de Pierre tout spé-