Rom., III, 8 : xa9(b; p)>aacpyitJi.oiJiJ.eea
L'OPPOSITION JUDAISAî^TE APRÈS LE CONCILE. 131
morts au péché et comme vivant pour Dieu en Jésus- Christ. Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel, de sorte que vous obéissiez à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché pour être des instruments d'iniquité, mais offrezvous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez-lui vos membres pour être des instruments de justice. Car le péché n'aura pas d'empire sur vous parce que vous n'êtes plus sous la Loi, mais sous la grâce.
« Quoi donc? Pécherons- nous parce que nous ne sommes pas sous la Loi, mais sous la grâce ? Loin de là ! Ne savez-vous pas que, si vous vous livrez à quelqu'un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché pour la mort, soit de l'obéissance pour la justice ? Mais grâces soient rendues à Dieu de ce qu'après avoir été les esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine qui vous a été enseignée. Affranchis du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice. (Je paTle à ta manière des hommes à cause de la faiblesse de votre chair)... »
Ainsi l'affranchissement âl'égard delà Loi n'est pas la révolte contre la morale. Au contraire, tandis que la Loi faisait connaître le bien sans donner la force de l'accomplir et laissait les hommes esclaves du péché, la foi, en nous obtenant la vie nou-
velle, nous rend capables d'accomplir la justice et d'obéir à Dieu.
L'enseignement de Paul se heurtait à une autre dilïïculté. Si la Loi est incapable de nous justifier, si elle a pour effet de nous rendre plus coupables, elle n'est qu'un instrument de péché; et une pareille assertion équivaut à un blasphème. De plus, dans le nouvel ordre de choses, les Juifs, les fils d'Abraham, n'ont plus la place privilégiée qu'ils avaient jadis, et même ils semblent presque exclus de toute bénédiction divine; car, si quelques individus parmi eux ont cru à l'Evangile, le plus grand nombre, le peuple juif dans son ensemble a rejeté la prédication des apôtres : comment concilier ce fait avec les promesses divines faites aux ancêtres?
Paul semble donc en contradiction avec l'Ancien Testament : l'Ancien Testament est basé en quelque sorte sur la Loi et Paul semble rejeter la Loi; l'Ancien Testament peut se résumer dans la promesse faite à Israël d'un Messie sauveur, et voici que ce Messie semble venu pour sauver les Gentils et repousser le peuple d'Israël.
Aucun reproche peut-être ne pouvait être plus sensible à l'élève de Gamaliel, à l'ancien pharisien zélé qu'était Paul, que l'accusation de blasphémer contre la Loi. Aussi s'en défend-il à maintes reprises. Il ne détruit pas la Loi par la foi, mais au
contraire il la confirme i. 11 s'indigne à la seule pensée que l'on puisse faire de la Loi un péché, c'est-à-dire un instrument de péché. La Loi est sainte et le commandement est saint, juste, bon; ce n'est pas la Loi qui rend l'homme pécheur, c'est le péché, la concupiscence mauvaise, l'instinct du mal existant en nous comme effet et signe de la faute originelle ; c'est ce péché qui s'est servi d'une chose bonne pour se développer à l'excès comme péché 2.
Quant aux avantages accordés par Dieu aux Juifs, Paul ne songe pas aies contester, le peuple juif a été l'instrument choisi pour garder le dépôt des promesses divines et faire ressortir la fidélité de Dieu à ses promesses : « Quel est donc l'avantage du Juif et quelle est l'utilité de la circoncision? Cet avantage est grand de toute manière. Et d'abord c'est à eux qu'ont été confiés les oracles de Dieu. Mais quoi ? Si quelques-uns n'ont pas cru, leur infidélité anéantira-t-elle la fidélité de Dieu ? Loin de là! Mais plutôt que Dieu soit reconnu pour vrai et tout homme pour menteur, selon ce qui est écrit 3. »
Pourquoi donc les Juifs semblent-ils rejetés de
1. Rom., III, 31. Nô[Jiov o5v xatapYOÛfAev 8ià t^ç TrlerTsw^; {jlyi YÉvoiTO, àXXà v6{iov lo-TavofAev.