Act., XXIV
Les Juifs d'Asie qui prétendaient l'avoir vu avec Trophime faisaient d'ailleurs défaut. Le vrai motif qui poussait ainsi les Juifs de Jérusalem à le poursuivre n'était donc pas la prétendue profanation du temple, mais plutôt une hostilité générale contre la doctrine de Paul et même contre tout l'ensemble de la secte des Nazaréens (chrétiens) à cause des promesses de salut adressées aux Gentils comme aux Juifs.
Le gouverneur Félix, ne voyant que son intérêt et espérant recevoir quelque argent pour rendre la justice, renvoya l'affaire sine die et laissa Paul en prison.
Résumé de la question judaïsante durajit cette
période.
Si nous jetons maintenant un coup d'œil d'ensemble sur les divers événements survenus depuis le Concile de Jérusalem, nous constaterons sans peine le déclin de l'opposition judaïsante. Il y a encore des chrétiens juifs qui observent la Loi et se soumettent à toutes les prescriptions mosaïques, mais le Décret des Apôtres, proclamant la liberté des Gentils, est partout reconnu comme ayant force de loi. Les judaïsants obstinés n'osent pas s'y opposer directement, ils se contentent de fomenter des troubles afin de susciter des obstacles
à Paul et à ses compagnons, mais ils se gardent bien de parler de la circoncision et des œuvres de la Loi. Une autre opposition plus importante et contre laquelle Fapôtre a davantage à lutter lui est faite par les Juifs proprement dits, par ceux qui ont refusé de croire à la vérité de l'Évangile. Ceux-là cherchent à arrêter l'apôtre par tous les moyens, ne reculant même pas devant la calomnie et l'assassinat.
Juifs et judaïsants s'entendent du reste sur un point : les uns et les autres défigurent les actions et les enseignements de Paul. Celui-ci doit se défendre devant les chrétiens troublés par ces accusations, et aussi par la difficulté de comprendre la doctrine qu'il soutient. Il est ainsi obligé de se justifier et d'expliquer autant qu'il le peut son enseignement, de montrer en tout cas que la foi ne détruit ni l'Ancien Testament ni la loi morale.