‹ La loi et la foi [microform]Chapitre 87 sur 210 · IGor., XII · texte numérisé non relu

IGor., XII

la comparaison de l'Église avec un corps vivant dont chaque membre a une fonction différente : « Car comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ... Vous êtes le corps du Christ et ses membres chacun pour sa part, w

Ainsi ce n'est pas une théorie nouvelle, mais Paul la présente a.vec des développements nouveaux. Il ne se contente pas de comparer les chrétiens d'une même ville, jouissant des dons divers que le Saint-Esprit leur a accordés, aux membres d'un même corps, doués de fonctions diverses; mais il montre le Christ chef d'un corps mystique dont sont membres tous les fidèles de l'univers, et il insiste non seulement sur l'union qui doit régner entre les membres, mais aussi sur la vie spirituelle que chacun reçoit de la tête par son appartenance au corps. « C'est lui (le Christ), dit-il, quia fait les uns apôtres, d'autres prophètes, d'autres évangélistes, d'autres pasteurs et docteurs, en vue du perfectionnement des saints, pour l'œuvre du ministère, pour l'édification du corps du Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants , flottants et emportés à tout vent de doctrine, par

la tromperie des hommes, parleur astuce pour induire en erreur; mais que, confessant la vérité, nous continuions à croître à tous égards dans la charité en union avec celui qui est le chef, le Christ. C'est de lui que tout le corps, coordonné et uni par les liens des membres qui se prêtent un mutuel secours et dont chacun opère selon sa mesure d'activité, grandit et se perfectionne dans la charité^. »

Se séparer de l'Eglise, ce n'est donc pas seulement manquer au devoir de l'union et de la charité, c'est se retrancher du corps vivant du Christ, se condamner à n'être plus qu'un membre mort. La conclusion de cette doctrine, c'est la nécessité de garder l'unité de la foi, mais Paul n'insiste pas directement sur ce point, il indique simplement que la foi doit être une : « Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême, un Dieu, Père de tout 2... ». Plus tard il développera davantage son enseignement sur le rôle de l'Eglise, gardienne de la foi ; pour le moment ce n'est pas nécessaire, car les premiers gardiens de la foi, les apôtres, sont encore vivants et l'on n'a pas à consulter la tradition des hommes apostoliques.

En résumé, Paul est en face d'adversaires qui ne sont plus les judaïsants purs, mais des judaïsants gnostiques. Ils enseignent des erreurs sur la na-

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