Tit. I
pas des armes employées jusque-là. Il finit même par ne plus pouvoir comme autrefois visiter en personne les chrétientés diverses, et veiller ainsi au maintien de l'intégrité de la doctrine. Il sert déjà de libation et le moment de son départ est proche ; il a combattu le bon combat, il a achevé sa course, il a conservé la foi, il ne lui reste plus qu'à attendre du Seigneur la couronne de justice ^. Aussi se sert-il de ses compagnons d'apostolat comme de remplaçants ; ce sont eux qui sont chargés de s'opposer aux faux docteurs, d'établir dans les diverses églises des épiscopes et des diacres, de garder fidèlement le dépôt de la vérité, et de le transmettre à des hommes sûrs, capables d'en instruire les autres 2. L'apôtre, après avoir, durant tout le cours de son ministère, revendiqué pour lui-même le droit d'enseigner et l'autorité doctrinale, transmet la même mission avec les droits et les devoirs qu'elle comporte aux chefs de la hiérarchie ecclésiastique, et les épitres pastorales révèlent chez lui le double souci de voir la doctrine maintenue et les églises organisées. L'organisation des églises est pour lui la garantie du maintien de la doctrine. Déjà, dans les épîtres précédentes, Paul avait insisté sur le rôle de l'Eglise, corps mystique du Christ et canal de vie et de sainteté. Ici il va plus