Hébr., VIII
même temps les chefs de la nation Israélite ont excommunié les chrétiens. L'épître rappelle à ceux-ci que non seulement ils doivent rester fidèles à la foi, résister aux persécutions suscitées par la haine et aux séductions des doctrines étrangères, mais même encore qu'ils doivent prendre leur parti de la séparation opérée par le fait de la synagogue entre Juifs convertis et Juifs non convertis à l'Evangile. Jésus, prêtre et victime pour le péché, a dû, selon les prescriptions mêmes de la loi relative aux sacrifices, être emporté hors du camp; les chrétiens sortent, eux aussi, de l'enceinte du camp, c'est-à-dire de la nation d'Israël, portant l'opprobre de leur chef, abandonnant la cité passagère d'ici-bas pour aller à la recherche de la cité éternelle dans le siècle à venir i.
Les événements allaient justifier sous peu les enseignements de l'épître. La recrudescence du zèle pour la Loi, l'exaltation entretenue dans les esprits par les fausses prédictions relatives à la délivrance prochaine, amenèrent la révolte de l'an 66, puis la sanglante répression et la catastrophe finale dans laquelle sombrèrent tout ensemble la nationalité juive, la ville sainte et le temple, signe sensible de la présence de Dieu en Israël.
Les chrétiens n'avaient pas attendu l'issue fa-