‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 100 sur 334 · Lacombe, p · texte numérisé non relu

Lacombe, p

précautions qu il a cru devoir prendre. Il s'agit encore de savoir si, par cela seul qu'elles sont <c dûment reconnues par PEglise », les Jésuites doivent entrer en partage de la liberté d'enseignements Mais, avant d'en venir à la discussion qui s'engagera sur ces points, — et, d'ailleurs, Dupanloup a soin de f^^ couvrir du rapport de Jules Simon, et du projet soijh mis à l'Assemblée nationale*, — il nous faut achever l'étude des préliminaires de paix, tels qu'il les présente.

La paix ne pouvant résulter que de « concessions réciproques », Dupanloup va indiquer celles qui, suivant lui, doivent « être faites à l'Etat. » Jamais ne s'est mieux marqué qu'à ce point du discours de Dupanloup le caractère de la future loi Falloux. Il y a négociation, transaction entre l'Eglise et l'Etat. L'Etat fait des concessions à l'Eglise; l'Eglise fait des (( concessions » à l'Etat! Si la première formule est clairement intelligible, on n'en saurait dire autant de la seconde. L'Etat est investi, à cette date, du monopole. Il concède la liberté à l'Eglise : soit. Mais de quel droit l'Eglise concéderait-elle à l'Etat : 1** le maintien d'un système d'instruction publique; 2^ l'existence d'un grand Conseil central isatemv et de Conseils départementaux ; 3° le droit d'entretenir de grands établissements officiels et de les soutenjr par des privilèges et des dotations ; i"" le droit de réserver aux Facultés la coUar tion des grades? Il faut évidemment (Dupanloup n'a garde de souligner ce trait, mais on ne comprendrait pas la position qu'il a prise, si l'on n'y appuyait) il faut que l'Eglise se réfère à sa propre théorie en matière de droit à enseigner; qu'elle se considère, de nouveau, comme seule en possession, grâce à un titre surnaturel, de former les intelligences, pour tenir un langage aussi étrange. Il faut surtout qu'elle se pose, en face de l'Etat, comme une puissance en face tf une puis-

1. A une séance suivante, Dapanloup précisera: il ne réclame pas tin article de loi autorisant les Jésuites à enseigner; il demande seulement qu'il n'y ait pas d'article le leur interdisant : « Le silence suffira ». Lacombe, p. 252.*

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