DUPANLOUP CONTRE THIERS
rien moins qu'exorbitants *. Enfin, la question même des congrégations y est passée sous silence, ce qui est une façon de la résoudre; et le rapporteur s'exprime à ce sujet, on s'en souvient, dans les termes les plus libéraux. Toutefois, il n'est pas dit, dans le rapport de Jules Simon, qu'il s'agisse des congrégations non autorisées par l'Etat, autorisées seulement par TEglise. Et le débat public, s'il se fût engagé devant la Constituante, aurait évidemment été vif sur ce point. Dans la Commission extraparlementaire, c'est la première fois que la question apparaissait. Et l'on va voir qu'elle souleva quelques difficultés.
Dupanloup critique rapidement le certificat d'études, qui, Thiers excepté, n'avait pa^ de défenseur dans la Commission. Cousin avait, d'avance, cédé sur ce point. Dupanloup passe très vite aussi sur la question des petits séminaires, et sur celle des grades. Quant aux congrégations, il prononce le nom des Jésuites. Et voici comment il l'introduit. L'exclusion, dit-il, « blesse tout à la fois la liberté de rhomme, les droits du citoyen, la conscience du chrétien ». On admet — et Dupanloup professe que l'on a raison d'admettre — toutes les « sectes protestantes ». On laisse « pleine liberté aux Quakers. ». Alors, pourquoi cette a effroyable injure à l'Eglise, de lui refuser certaines congrégations qu'elle approuve, et cela pour le motif que certaines d'entre elles, les Jésuites (pour les appeler par leur nom) n'aiment peut-être pas assez les institutions de l'Etat actuel, comme si cet amour devait être de commande * ! » La phrase est embarrassée, probablement parce que la pensée a cherché non sans souplesse le biais le plus favorable pour se produire. Il ne s'agit pas de savoir si les Jésuites « aiment » ou non « les institutions de l'Etat actuel ». Il s'agit de savoir si la loi qui distingue entre les congrégations se fonde, ou non, sur de bonnes raisons ; et si l'Etat doit renoncer aux