‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 108 sur 334 · INTERVENTION DE COUSIN · texte numérisé non relu

INTERVENTION DE COUSIN

dévouent à renseignement ». Mais il n'est pas d'avis que l'Etat les reconnaisse toutes*. Il regrette, il regrettait déjà en .1844, l'absence de congrégations « telles que celle de l'Oratoire » ; mais il n*éprouve pa$ le même regret à l'égard de la Compagnie de Jésus. S'il avait vécu en 1763, il se serait borné à demander la modification de certains statuts, non la suppression de l'ordre. Devant le fait accompli, en présence de l'hostilité de l'esprit public, il dirait volontiers à l'Église de ne pas demander le rétablissement d'un ordre •« dont l'aptitude à l'enseignement a peut-être été trop vantée », et qui représente « certaines idées incompatibles avec nos formes politiques et sociales actuelles^ ». Mais l'Église fait de cela une « question d'amour-propre » au risque de sacrifier « ses véritables intérêts ». On se contentera, dit-on, du silence. Le silence est « chose inadmissible ». Si l'État juge que les Jésuites ne sont pas dangereux, « qu'il les reconnaisse, et alors la Compagnie exercera librement son action; mais .pas de moyen terme, pas de silence, qui ne serait qu'un acte de faiblesse et de pusillanimité* ».

Cousin est ici d'accord avec Thiers, pour repousser les Jésuites. Cependant, il ne se place pas tout à fait sur le même terrain. Thiers raisonne, surtout, en politique, et il a trouvé un argument dont il tirera encore parti au cours de la discussion : impossible d'accorder la liberté d'association absolue, sans faire courir les plus grands risques à la société. Impossible d'accepter les Jésuites, si l'on ferme les clubs. Il faut choisir. Cousin ne dit rien de semblable. Il ne touche pas à la politique générale. Il lui semble seulement impossible de trancher un point aussi grave par le silence de la loi.

De plus en plus, à mesure que le débat avance, il apparaît qu'une seule question préoccupe Dupanloup, Montalem-

i. Lacombc> p. 253.

Page 1