Lacombe, p
bert et leurs amis. Sur tout le reste, ils ont cause gagnée d'avance. Mais ils veulent aussi l'emporter sur la question des Jésuites. Elle est reprise à une séance ultérieure*. Et il s'échange alors entre Thiers et Montalembert quelques réflexions qui éclairent d'un jour très vif Tétat d'esprit des partis à cette date.
Thiers essaye de s'expliquer l'insistance que met l'Église à défendre une congrégation, qui, si elle ne peut faire beaucoup de mal, ne fera sans doute pas non plus beaucoup de bien. Il en voit la raison dans l'espoir qu'a l'Eglise de confier le plus grand nombre possible d'enfants aux congrégations, le clergé séculier ne pouvant guère se consacrer à l'enseignement, hors des petits séminaires. Et il demande, non sans quelque ironie : « Croyez-vous donc que les congrégations élèveront beaucoup de collèges? » A quoi Montalembert réplique : « Mais j'y compte bien ! car sans elles, nous pourrions demeurer impuissants ! » Alors Thiers : « J'en suis fâché pour vous : je ne crois pas à faction puissante des congrégations dans Renseignement^ pas même à celle des Jésuites^. » Et comme Montalembert, fort habilement, réplique : « Mon Dieu, laissons là les Jésuites : il ne s'agit pas de telle ou telle congrégation spéciale, mais de toutes », Thiers ajoute à sa première objection une seconde : « Je suis loin d'être convaincu que les générations élevées par les soins de ces congrégations diverses soient ^ an point de vue de la conservation des doctrines religieuses, bienpréf érables à celles qui sortent d'autres établissemenls! » Ainsi Thiers refuse de croire à l'influence de l'enseignement des congrégations, en général, sur leurs élèves, au point de vue religieux. Et il refuse aussi de croire que les congrégations en général, les Jésuites, en particulier, réussiront à « élever beaucoup de collèges ». Il n'y a aucune raison de mettre en doute la sincérité de ces déclarations, dans la circon-