LE PROJET DU MINISTRE
suivants sont d'une grande importance, et plusieurs même d'une importance capitale...* » Nous savons, d'autre part, que le rapporteur général tout désigné d'avance, était M. de Corcelles. Le choix était heureux. A la Commission, M. de Corcelles avait joué un i^ôle modeste et conciliant. Il s'était efforcé, on Ta vu, d'empêcher qu'en présence des personnes dont le témoignage était demandé, dans l'enquête sur l'enseignement primaire, les membres de la Commission échangeassent entre eux de trop vives paroles \ Une autre fois, lors du conflit entre Thiers et Dupanloup *, il avait, fort à propos, prononcé un long discours destiné à montrer que l'accord n'était pas impossible. Par ses relations de famille, M. de Corcelles devait inspirer une certaine confiance aux libéraux. Il était petit-fils de Lafayette, et parentde M. de Rémusat. Par quelques-unes de ses amitiés, il touchait aux éléments libéraux, ou même avancés. Il était très lié avec Tocqueville, et il avait été, en 1830, des intimes d'Edgar Quinet. D'autre part, il venait d'être chargé d'une mission auprès de Pie IX, par le gouvernement du général Cavaignac, et il s'était acquitté de cette mission à l'entière satisfaction des catholiques. Il était donc tout désigné pour introduire, dans les conditions les plus favorables, le projet de M. de Falloux. Mais les circonstances ne permirent pas l'exécution de ce plan bien combiné. Les affaires de Rome prenaient une tournure difficile... Le siège de la ville par les troupes du général Oudinot était commencé. Le gouvernement français venait de rappeler M. de Lesseps, qui voulait négocier avec la République romaine. Sa mission concordait avec les dispositions de l'Assemblée constituante; elle ne répondait plus au tempérament de la Législative, qui venait
1. Archives nationales, F" 100056. A cette note est joint un billet au crayon, où Dupanloup demande au destinataire (non nommé) de placer la note sous les yeux de M. de Falloux et de M. de Corcelles.