LE PROJET DU MINISTRE
dans l'enseignement secondaire, au partage du monopole ? Il serait plus difficile, en ce cas, de triompher des hésitations de cette majorité qu'il ne l'avait été d'endormir les scrupules de Thiers, dans la Commission. On s'explique donc très bien que M. de Falloux ait préféré un projet unique, et l'on ne peut qu'approuver, au point de vue de la forme, et de l'art, la disposition donnée par le ministre à ce projet. Il se compose de trois titres : le premier traite des autorités préposées à l'enseignement ; le deuxième de l'enseignement primaire, et le troisième de l'enseignement secondaire. Ordre clair et logique, et satisfaisant pour l'esprit.
L'exposé des motifs, en revanche, semble avoir été fait très vite*. Falloux parle lui-même delà « hâte » avec laquelle il a dû procéder, après le départ en mission de M. de Corcelles, et il fait appel à ce l'indulgence » de l'Assemblée. D'autre part, le manuscrit de l'exposé des motifs * est rédigé par plusieurs mains, comme si l'on s'était efforcé d'aller très vite dans la confection de ce document, et de gagner du temps. Il n'est, d'ailleurs, pas très difficile de se rendre compte des motifs qui, à la date où fut préparé ce travail^ pouvaient déterminer Falloux — l'homme des opportunités et du simple ajustement des actes à la circonstance — à ne pas différer davantage. Le projet a été déposé à l'Assemblée le 18 juin'. Il s'agissait d'exploiter au bénéfice de ce projet l'émotion causée par le mouvement du 13 juin. Le 13 juin, l'état de siège avait été proclamé ; un certain nombre de journaux suspendus. Le 14 juin, le ministère déposait un projet l'autorisant à interdire, pendant une année, « les clubs et autres réunions publiques de nature à compromettre la
1. Il se trouve ainsi que le texte de la loi au Moniteur du 22 juin 1849.