LES JOURNAUX HOSTILES AU PROJET FALLOUX
tiques ». La suppression des Ecoles normales primaires équivaut à un triomphe de « Tobscurantisme ». Et quelle dérision, que Tarticle 30, avec son double système pour le choix de l'instituteur! L'instituteur laïque sera choisi sur une liste dressée par le Conseil académique ; l'instituteur religieux, sur la présentation des supérieurs des associations religieuses. Qui ne voit que les laïques du Conseil académique seront impuissants à lutter contre la Congrégation, et que celle-ci imposera toujours son candidat?
Ce sont là les objections des hommes de gauche, mais ce sont surtout des objections d'hommes politiques, et d'hommes politiques à vues assez courtes. Pour trouver mieux, il faut interroger une revue, qui, à cette date, exprime les sentiments et l'opinion des universitaires, qui, d'ailleurs, est rédigée par eux, la Liberté de Penser. Elle a fait vraiment campagne contre le projet Falloux, et la campagne est intéressante.
Elle débute par une critique à la fois serrée dans le détail, et intelligente, du projet récemment déposé ^ L'auteur de l'article, un professeur à la Faculté de droit de Dijon, M. Serrigny, voit dans le dépôt du projet « l'un des événements les plus considérables des temps modernes ». M. de Falloux ne demande rien de moins à l'Assemblée législative, que d'effacer d'un trait de plume, au bénéfice de « l'esprit clérical, contre lequel elles ont été remportées », les trois grandes victoires de l'esprit laïque, 1789, 1830, 1848. Comment est-il possible qu'un chef de gouvernement qui porte le nom de Napoléon se prête à une série de mesures dont le premier effet sera de détruire tout ce qui reste de l'Université impériale? Pour se l'expliquer, il faut songer aux circonstances de l'élection présidentielle, et se rappeler le marché conclu à cette date. L'Eglise a livré le présent aux hommes avides de forcer le pouvoir. Elle s'est réservé l'avenir. Les conditions du marché ont été tenues, du côté du