‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 136 sur 334 · Liberté de Penser, t. IV^ p. 148 et suivantes · texte numérisé non relu

Liberté de Penser, t. IV^ p. 148 et suivantes

pouvoir civil. « La première garantie donnée au parti clérical a été la nomination de M. de Falloux au ministère de l'instruction publique ; la deuxième, a été le siège de Rome, et la troisième est le projet de loi sur Tinstruction ^ » A entendre Texposé des motifs, tout le monde serait d'accord, il ne s'agirait plus que de s'embrasser. Les dispositions du projet prouvent le contraire-. Mais, d'abord, comment se fait-il qu'un projet semblable soit sorti des travaux d'une Commission qui, si elle comptait un grand nombre d'ultramontains', renfermait cependant des hommes « sur lesquels la France aurait cru avoir droit de compter »? Comment se fait-il — il faut noter cet argument, d'une portée considérable, et sur lequel la loi Falloux a failli sombrer — que le projet n'ait pas été soumis à l'examen du Conseil d'Etat", comme l'exige l'article i"de la loi du 3 mars 1849?

N'est-ce pas qu'on a voulu précipiter les choses, et, au lendemain du jour où le parti montagnard et socialiste, par sa. faute, -s'est fait décimer, mettre à profit le zèle de la majorité ? Telles sont les questions très précises et toutes très sérieuses, que la Liberté de Penser pose au gouvernement. Mais elle pousse plus à fond la critique, et signale dans le projet quatre idées dominantes, et redoutables : le pix)jet désorganise l'Université ; il développe l'influence cléricale ; il abaisse le niveau de l'enseignement; il détruit les garanties prises contre les petits séminaires.

Le projet désorganise l'Université, en modifiant profondément le Conseil supérieur, où huit universitaires vont se trouver en face de vingt-quatre membres étrangers à l'Université. Celle-ci sera donc le seul corps de l'Etat qui, en matière disciplinaire, sera jugée par d'autres que ses pairs. « Que diraient les magistrats, si, pour les juger disciplinai-

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