‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 137 sur 334 · LES JOURNAUX HOSTILES ^U PROJET FALLOUX · texte numérisé non relu

LES JOURNAUX HOSTILES ^U PROJET FALLOUX

rement, on appelait les deux tiers de membres étrangers à la Cour de cassation * ? » Plus grave encore est Tatteinte portée à T Université par le fractionnement des académies. Le recteur ne sera plus désormais « qu'un personnage subalterne, sans influence à côté du préfet et de Tévéque ». Du Conseil académique, fe nom seul subsiste, et il a été gardé, dit l'exposé des motifs, pour ne point éveiller de respectables susceptibilités. Quoi de commun, en efl'et, entre le Conseil académique exclusivement composé d'universitaires, qui existe à préâent, et une assemblée où, sur onze membres, rUniversité n'en comptera que deux, le recteur et l'inspecteur d'académie ? L'auteur de l'article, professeur de droit, remarque encore que les attributions administratives sont enlevées aux recteurs, et^ transférées aux Conseils départementaux'', et cela au mépris de la règle constante, respectée depuis pluviôse an VIII par tous les gouvernements, que si délibérer est le fait de plusieurs, agir est le fait d'un seul. » L'Université est désorganisée encore parce que l'instituteur est placé « sous la verge du curé, puis de l'évêque, puis du ministre, sur lequel le clergé pèse toujours d'un poids considérable, quand ce ministre n'est pas son représentant ou son délégué », comme c'est le cas de M. de Falloux. Enfin, la menace suspendue sur les Ecoles normales primaires, qui peuvent être fermées désormais par un vote du Conseil départemental où l'Université ne compte que deux représentants, achève la désorganisation.

L'extension de l'influence cléricale ressort de toutes les dispositions du projet, qui accroît le nombre des représentants de l'Jirglise dans tous les Conseils. Il faudra désormais pour professer dans l'Université, pour y enseigner la philosophie par exemple, avoir obtenu licence du clergé. Qui

Page 1