‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 138 sur 334 · Liberté de Penser, t. IV, p. i · texte numérisé non relu

Liberté de Penser, t. IV, p. i

2. Voir l'apticle 4i du projet. « Le Conseil académique du département r/^«t^ ne plusieurs délégujs résidant dans chaque canton, ci détermine les écoles parJculièrement soumises à la surveillance de chacun. Chaque délégué est en relation, tant avec le Conseil académique^ auquel il doit adresser ses rapports, qu'avec les autorités locales, etc. »

voudra se soumettre à pareil joug ? Bientôt il n'y aura plus pour recruter le corps des professeurs, que « des gens nécessiteux, d'un caractère bas et disposés à ramper* ». Le projet avilit TUniversité, en même temps qu'il la détruit* Il est trop évident, d'autre part, qu'en réduisant les grades exigibles, on va à l'abaissement du 'niveau des études. Et pourquoi réduit-on les grades'? Parce qu'ils sont conférés par les Facultés; parce que les Facultés doivent à la collation des grades leur importance sociale ; et parce que, rendre inutiles les grades, c'est diminuer les Facultés ^. » Voilà le but secret de ces dispositions. Quant aux petits séminaires, il n'en est pas question dans la loi, qui nous reporte fort en deçà du régime créé par l'ordonnance du iG juin 1828, ordonnance contresignée par l'évéque de Beauvais. La disposition du projet qui oblige le ministre à prendre une partie de ses inspecteurs dans l'enseignement libre, garantit aux petits séminaires qu'ils seront inspectés par leurs propres élèves et leurs propres maîtres... La Liberté de Penser conclut en se demandant ce qu'il faut le plus admirer, « de l'audace ou de la démence d'un pareil projet'' ». « Le siège de Rome et la présentation du projet de loi sur l'instruction publique sont deux idées sœurs, qui sortent de la môme fabrique ». C'est le premier tâtonnement de la formule qui se cherche encore, et finira par se trouver : une expédition de Rome à l'intérieur.

Il était intéressant de suivre, dans le détail de son argumentation, ce premier article de la Liberté de Penser, qui montre bien la préoccupation des universitaires. Ils sont sensibles à tout ce qui, dans le projet, diminue l'Université. Ils discernent bien la portée politique du projet. Mais ils ne paraissent pas avoir, eux non plus, d'inquiétude réelle sur la portée sociale. Ils ne voient pas d'avance la France divisée en deux camps. Et cela tient, sans doute, à

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