Liberté de Penser, t. IV, p. 524 et suivantes
blée constituante « organisait la liberté », celui de M. de Falloux ne fait que « détruire TUniversité laïque, et poser timidement, maladroitement, les premières bases d'une Université cléricale^ ». Plus tard, quand déjà l'Assemblée en a commencé la discussion, quand il est trop évident que la loi de M. de Falloux, plus ou moins modifiée sera votée, quand il sait et sent « qu'il défend une cause perdue », Jules Simon continuera de lutter dans la Liberté de Penser. Il montrera encore* que la loi ne donne pas la liberté ; et que, si elle détruit l'Université, elle compromet, en retour, le clergé ; qu'elle a pour unique résultat de « cimenter » une alliance précaire entre M. Thiers et M. de Montai embert, et que, pour obtenir ce résultat, on joue au hasard l'éducation de la jeunesse, et les plus grands intérêts moraux du pays'. Puis, le sentiment que j'ai déjà noté de confiance dans la force acquise par l'Université, et dans la vertu intrinsèque des idées, des principes dont elle se réclame, prend le dessus. Et la Liberté de Penser se sent toute rassurée. « 11 n'y a pas d'Assemblée au monde qui puisse faire le tour de force de nous ramener en 89. » Il n'y a pa^ de majorité qui puisse faire que VEncyclopf'die n'ait pas été écrite. <c Calculez combien il faudra de capucins, de jésuites, de jacobins, de lazaristes, de dominicains, de maristes, de sacristains, de bedeaux, de congréganistes, pour faire que cette malheureuse Encyclopédie n'ait jamais existé ! » D'où cette conclusion étrangement optimiste : « Croyez-moi, dormons sur les deux oreilles, et ne craignons qu'une chose : c'est d'être obligés un jour de monter la garde à la porte c/u couvent de la rue des Postes, semblables à ces hommes déguenillés, qui veillaient, l'arme au bras et mourant de faim, sur les diamants de la Couronne^ ». Il fallait relever ce passage, qui montre au vif l'état d'esprit des