LA CAMPAGNE DE VUNIVERS
miner le projet. A quoi il répond * : « Il est urgent d'en finir, mais avec le monopole, et non avec la liberté. Il est urgent de vaincre, il n'est p5i§ urgent de transiger ». Qu'est-ce que la liberté d'enseignement, sinon lé moyen d'élever, contre l'Université, des maisons où régnera un esprit tout différent du sien. L'esprit de l'Université est la cause directe de ^ l'ébranlement,, de la chute de la société française. « L'enseignement public, c'est-à-dire le monopole universitaire, est un fléau ^ ». Tout le monde en convient, Guizot, Thiers. Pourquoi pactiser avec le fléau ? — Quant à l'espoir d'améliorer le projet, il est chimérique. « On n'améliore pas un pacte de façon à le rendre insupportable à ceux avec qui on le fait. » Sans doute, nos amis ont obéi à des raisons qu'ils ont cru décisives, et notamment à celle-ci, que la majorité conservatrice de l'Assemblée législative n'entend rien à la question de la liberté d'enseignement, qu'elle ne sent pas le péril. Ils ont voulu la ménager, heureux si ce projet peut « passer ». Or c'est là une très grave erreur de conduite : outre que l'on ne greffe pas la liberté sur le monopole, il est douteux que la loi soit votée. Et si elle l'est, elle ferme la voie à l'avenir. On l'opposera toujours aux catholiques comme un « engagement » pris par eux, en leur nom. U Univers ne veut pas entrer en partage de cette responsabilité. Il demeurera, dans son isolement, fidèle à ses principes. Mieux eût valu ne. rien faire : c'est son dernier mot. « Peutêtre n'eût-il fallu qu'attendre, et dire encore quelquefois la vérité' ».
Tel est ce premier article, d'un ton grave, pénétré, sans violence aucune, sans attaques contre les personnes. Il est, avons-nous dit, du 29 juin. Le projet était connu depuis le 18. Onze jours s'étaient donc écoulés avant que l'Univers parlât. Il n'est donc pas exact de dire, comme l'a