Ibid., p
a. Ibid., p. 400.
fait plus tard M. de Falloux^, que V Univers l'attaqua dès le premier moment. M. de Falloux aurait dû prendre garde à son langage, car en antidatant la campagne de V Univers, il omet de raconter un incident notable, que Louis Veuillot n'a pas manqué de rappeler. Cet incident, c'est line visite faite par le ministre de l'instruction publique au journaliste, pour lui demander de ne pas. combattre la loi. Voici le récit de cette visite, tel que nous Ta donné Veuillot : « Le ministre, sachant que le journal combattrait le projet de loi, se rendit chez le rédacteur en chef; et là, dans un long entretien, fort calme de part et d'autre, chacun plaida sa cause. Les raisons du ministre furent celles que l'on nous fait lire aujourd'hui : la situation, l'esprit du temps, la nécessité d'en finir, l'impossibilité d'obtenir des conditions meilleures. Le rédacteur en chef opposa des arguments que le journal a plus tard développés. » Le ministre demanda encore s'il était raisonnable d'admettre que le clergé pût se substituer, du jour au lendemain, à l'Université : on lui répondit que Ton n'avait jamais espéré, réclamé le monopole, mais la liberté de la concurrence. Autre préoccupation du ministre, dont il est tout à fait intéressant de recueillir l'aveu, car elle concorde avec le langage de bien d'autres défenseurs du projet, avec le langage de Montalembert, avec celui de Dupanloup, et elle paraît répondre à un sentiment sincère. Le ministre dit qu'il craignait « un double échec pour les futures maisons religieuses d'éducation, si la loi permettait d'en multiplier trop aisément le nombre : ou l'antipathie des parents empochera qu'elles se remplissent : ou l'incapacité des maîtres, inévitable dans ces commencements hâtés, les fera décrier, et les videra promptement. Il doutait qu'il y eût, en France, assez de parents catholiques pour peupler les collèges catholiques, et, d'un autre côté, sans remarquer la contradiction, il demandait où l'on trouverait assez de professeurs pour gouverner ces collèges qui manqueraient