Veuillot, Correspondance y t. VU, p. 210 et suivantes
ta LA LOI FALLOUX.
cultes et demeurer, au i*egard de Topinion, le ministre de rinstruction publique, uniquement attaché à réaliser la liberté de renseignement. Veuillot, en outre, n'avait pas été appelé dans la Commission extraparlementaire, et il avait pu en concevoir quelque dépit. Il n'a pas relevé lui-môme
, Texclusion dont il fut Tobjet. Il s'est seulement étonné, on
Ta vu*, que ni Mgr Pari si s, ni M. Charles Lenormant n'eussent été appelés dans cette Commission. Mais, du langage que devait tenir plus tard le frère de Louis Veuillot, étroitement associé de tout temps à sa pensée et à ses sentiments^ il résulte bien que l'offense fut ressentie. Si la question de la liberté d'enseignement en 1848 et 1849 était « mûre », il est
\ bien certain que « M. de Falloux n'y était pour rien, et que
Louis Veuillot y était pour beaucoup ^ ». C'est lui qui, dans la presse, avait lutté, au premier rang, comme Montalembert à la tribune, comme Mgr Parisis dans le clergé. Ayant été si longtemps à la peine, il s'attendait à être à l'honneur, et
i il put concevoir un légitime dépit de se voir écarté.
I M. de Falloux n'hésite pas à insinuer que ce dépit est la
cause de la campagne de VUnivers^. Mais il est difficile de croire que, même si Veuillot n'avait pas eu ce grief contre Falloux, il se fût abstenu de combattre la loi. Il avait contre
^ Falloux les préventions que l'on sait, et qui ne dataient pas de
la veille. Il avait sa conception intransigeante de la liberté
I d'enseignement. Il avait sa conception tout aussi intransigeante
de l'attitude qui convenait au parti catholique. Il ne voulait pas que le « parti catholique » s'inféodât au conservatisme bourgeois. Les traces de ce sentiment sont partout, dans la correspondance de Veuillot, de 1848 à 1850, et dans sa polémique d'alors. Il était peuple par le caractère et le tempérament*. Il s'était fait aussi une sorte de philosophie de This-