Lecanuet. II, p
3. « Ce fut l'abbé Dupanloup qui, par M. Mole, obtint cette lettre, si même il ne la porta pas à M. Mole toute rédigée. Il nous fit cette confidence le jour où, écrivant son volume sur la Souveraineté pontificale, il en venait à citer celle lettre ». Lagrange, Vie de Mgr Dupanloup, I, p. 468.
4. a Je combine avec le prince Louis une lettre pour expliquer son abstention dans le vote de l'ordre du jour motivé sur Rome. J'y fais insérer à dessein les mots autorité du Saint-Siège. » (2 décembre 1848). Cité par Lecanuet, II. p. 419, note.
5. Dans l'entretien avec Montalembert. Lecanuet, II, p. 417, note.
Déjà^ d'ailleurs, dans son manifeste électoral du 28 novembre il avait glissé cette phrase : « Protéger la religion et la famille, c'est assurer la liberté des cultes et la liberté de renseignement. » Mais la phrase avait paru à V Univers trop peu ferme, et trop peu précise*. Une défiance persista dans le Comité catholique, qui ne voulut pas avoir de candidat officiel. Mais Montalembert était acquis à la cause du prince, et l'appui de Montalembert, à lui tout seul, était une grande force.
Des bruits habilement répandus, avaient, en outre, porté aux oreilles des intéressés, avant môme le 10 décembre, jour de Télection, que si Louis-Napoléon était élu, il confierait le ministère des cultes à M. de Falloux ^. Pourquoi M. de Falloux, et pourquoi pas Montalembert ?
C'est Montalembert qui, depuis dix-huit ans, menait, en faveur de la liberté d'enseignement, une campagne ardente, infatigable. C'est lui qui venait de suggérer au Comité pour la défense de la liberté religieuse Tidée d'offrir cette sorte de « marché » aux deux candidats, et de « donner la préférence à celui qui offrirait le plus de gages ^. » C'est grâce à sa persévérance, à sa décision, qu'une loi sur la liberté d'enseignement allait être préparée et que des mesures favorables aux congi'égations enseigi. ntes allaient être prises. Supposez Montalembert moins résolu; il laissait passer l'occasion, et l'occasion perdue se serait-elle retrouvée? Ce n'est ni le président de la République, ni son entourage, qui eussent mis grand empressement à servir ces causes. Les engagements pris, les promesses reçues, tout cela était dû à Montalembert, tout cela était son œuvre personnelle. Joignez
1. « Il paraît favorable à la liberté cKenseignement. Rien d'explicite sur ce point. Il a craint de se compromettre. Il parle de la liberté d'enseignement comme la Charte de 1830, comme la Constitution de 1848. 11 se tait sur la liberté des associations religieuses. » N** du l" décembre 1848.
2. Après avoir dit que Cavaignac et Bonaparte visent tous deux les suffrages des catholiques. V Univers du 6 décembre continue ainsi. « On peut croire que ce n'est pas avec l'intention de choisir [de mauvais évéqucb] que M. Bonaparte a offert le ministère des cultes à M. de Falloux .»