Lecanuet, p
3. Lettre citée par Lecanuet, p. 479. Dupanloup dit, dans cette lettre, « qu'il est évoque depuis six semaines » ce qui met la lettre en juin 1849.
a se déclarer ouvertement » contre lui, c'est que mieux valait a Taméliorer ». « Ce n'est pas à moi à dire ce que j'ai pu faire en ce genre. J'ai cru et je crois encore que, malgré les dispositions défectueuses de ce projet, en tenant compte des difficultés extrêmes de la situation, on pourra, la compagnie pourra aussi établir des collèges libres. » La réponse du général fut brève et dure : « Nous avons tous besoin, et vous, mon Père, plus que beaucoup d'autres, de ne jamais perdre de vue que c'est pour Dieu, et pour Dieu seul, que nous devons travailler, et que, si nous fondions seulement notre esprit sur les biens de cette vie, nous serions les plus à plaindre de tous les hommes. » Le P. de Ravignan . ne dit rien à personne de cette épreuve qui lui fut pénible : « Il a eu ses peines, s'écriait huit ans plus tard Mgr Dupanloup en présence de son cercueil, il a eu ses peines; je les ai connues, jamais par lui ! » Et le général qui le désavouait et le blâmait ne crut devoir publier ni le désaveu, ni le blâme. Pour l'opinion, la compagnie de Jésus restait neutre entre les combattants. Elle ne pouvait approuver une « transaction », un « concordat » avec les « fils de Voltaire » ; elle ne voulait pas combattre un projet qui lui permettait de reconquérir la France*.]
Si nous quittons les catholiques, pour nous tourner du côté des protestants, qu'allons-nous trouver ? Les protestants étaient intéressés à la législation nouvelle puisque le projet faisait une place à leurs ministres dans les Conseils départementaux. C'est une des raisons, ce n'est pas la seule raison, qui les conduisit à s'occuper de la loi. La loi, dans son économie générale, rompt l'équilibre entre les confessions. Elle est manifestement favoi*able à l'Eglise, aux congrégations. Dans la mesure où les intérêts de l'Eglise se
4. Cet incident est longuement raconté par Pontlevoy dans sa Fie du P. de Ravifjnan.