‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 163 sur 334 · OPINION DES CONSISTOIKES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

OPINION DES CONSISTOIKES PROTESTANTS

ses tendances, à la liberté et à Tégalité des cultes, que contraire à la vraie liberté de renseignement ». — Le projet « a pour but de mettre renseignement primaire entre les mains du clergé catholique... C'est la pensée dominante qui a présidé à Télaboration de cette loi ; on la retrouve dans Tensemble du projet, et dans chacune de ses dispositions ». (Crest, 20 octobre). — « C'est au nom de la liberté que ce projet a été présenté. Mais, le dirons-nous? C'est, au fond, la liberté de l'oppression, donnée à ceux qui, on le sait, n'ont jamais aimé la liberté » (Rouillé, Haute-Vienne, 8 janvier 1850 ^)

Si l'on fait ici la part de l'inquiétude, et même de l'animosité confessionnelle, il reste que les consistoires protestants ont, les premiers, mis en plein relief l'opposition entre l'enseignement de l'Eglise, l'enseignement des congrégations, et l'enseignement qu'ils appellent, à la fois « mixte, laïque, national » ; qu'ils ont, les premiers, dénoncé dans l'enseignement de l'Eglise et des congrégations, une menace directe intentée à cet enseignement, « et par conséquent, à l'esprit des lois et de la civilisation modernes ». Avertis par la clairvoyance qui est, en général, le propre des minorités religieuses, ils ont signalé le péril. Cependant, ils ne paraissent l'avoir perçu que par rapport à l'enseignement primaire. C'est l'enseignement de l'école, l'enseignement de l'instituteur qui leur semble visé. Ils ne parlent pas des collèges, des lycées. Outre que leur attention se porte davantage, pour des raisons faciles à comprendre, sur l'initiation de l'enfance à la culture élémentaire, ils partagent sans doute la confiance, si générale alors, dans la force de l'Université et de ses maisons, dans la supériorité qu'elles

1. A la môme série de documents appartiennent deux lettres, l'une du Consistoire central des israélilcs de France, à M. de Parieu, (5 mars ISîiO) demandant au ministre de soutenir devant la Commission !e droit des conseils Israélites, à avoir un délégué dans les départements où ils existent : une lettre du Consistoire israélitc do Saint-Esprit à M. de Dampierre, représentant du peuple. (8 juillet 18i9) demandant que le culte Israélite participe k la composition du Conseil supérieur et à celle de l'administration académique, au nom de l'égalité des cultes.

ne peuvent manquer de garder sur les maisons rivales que la loi nouvelle permettra d'ouvrir.

Les Conseils généraux ont évoqué la question à leur session d'août 1849. Une note, établie au ministère', résume et groupe les vœux émis par ces Assemblées. Il sera possible, après en avoir relevé les principaux points, d'en tirer des conclusions.

Sur le principe de la liberté d'enseignement, l'IUe-et-Vilaine, le Gard, la Vendée, le Morbihan, la Lozère, les Bouches-du-Rhône, se prononcent favorablement, cette dernière Assemblée en donnant au principe des conséquences très étendues*. La Loire-Inférieure exprime le vœu que l'Université n'ait pas le droit direct de surveillance, ni le droit de conférer les grades. La Moselle, la Côte-d'Or, la Nièvre Insistent sur la nécessité de la surveillance de l'État'. — Sur la division des académies, si la Haute-Vienne, la Somme et l'Allier expriment le vœu d'en voir établir à leurs chefs-lieux, le Haut-Rhin ne manque pas de faire observer que l'organisation d'une académie par département, outre qu'elle entraînerait pour les départements et pour l'État, des dépenses considérables, aurait l'inconvénient de (c nuire à l'unité de l'enseignement ». Voilà pour les dispositions générales du projet. Mais c'est surtout sur les questions relatives à Técole primaire que s'est portée l'attention des Conseils généraux.

Quelques-uns réclament le maintien pur et simple de la loi de 1833 (Haut-Rhin, Lot). Plusieurs indiquent des améliorations à apportera la loi de 1833 (Lot, Pyrénées-Orien-

i. Arch. nat. F" 100056.

2. « Aucun corps enseignant ne pourra être exclusivement chargé de la surveillance de l'enseignement public en France. »

3. Il faut, dit la Nièvre, garantir une liberté réelle, « tout en armant énergiquenient l'autorité. »

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