OPINION. DES CONSEILS GÉNÉRAUX
taies, Yonne, Loiret). Plusieurs émettent des vœux d'un caractère vague et sans portée (Vienne, Isère). Le Conseil général de l'Indre veut une loi nouvelle, qui supprime Tinamovibilité de Tinstituteur * ; celui de la Haute-Loire, une loi qui fasse reposer Tinstruction primaire avant tout « sur les bases immuables de la religion et de la morale ». Beaucoup s'occupent de la situation matérielle de l'instituteur, et demandent que le traitement soit élevé (Aisne, Ardennes, Finistère, Moselle, Vienne, Nord, Gironde, Haute-Garonne, Côte-d'Or, Gers, Orne), qu'une caisse de retraites soit créée (Aisne, Ardennes, Seine-et-Oise, Côte-d'Or). Le Conseil général de la Moselle motive son vœu en faveur d'une augmentation de traitement par l'inconvénient qu'il y a à laisser l'instituteur remplir les fonctions de chantre, de sacristain, ou de débitant de tabac. Le maintien des hcoles normales est réclamé dans le Bas-Rhin, l'Aude, l'Ariège, les Hautes-Alpes, les Ardennes, la Moselle, les Deux-Sèvres, la Vienne, les Vosges, l'Isère, l'Yonne, la Marne, le Loiret, la Saône-et-Loire (avec quelques réserves) la Meurthe, la Corse, les Pyrénées-Orientales, la Côte-d'Or, le Gers, la Lozère. Le Conseil général de Seine-et-Oise indique des réformes à y introduire (durée des études, programmes, choix des professeurs) . Le Gard est seul désigné comme favorable à la suppression. Quelques Conseils sont saisis de vœux tendant à l'obligation ou à la gratuité de l'enseignement primaire. La Charente, le Cher, la Moselle, le Nord, l'Aisne, se prononcent pour l'obligation ; la Côte-d'Or se prononce contre. Les Conseils généraux des Hautes-Alpes, du Cher, de la Moselle, de la Côte-d'Or, de la Loire, des Vosges sont favorables à la gratuité ; les Vosges, à la gratuité absolue, les autres à la gratuité « dans la mesure du possible ». Dans certains départements, c'est l'enseignement des filles et la situation des institutrices qui suscitent des vœux. Dans le Nord, le
1. Même indication en Côtc-d'Or, Lozère, Vienne, Pyrénées-Orientales, Indre-et-Loire, Haute-Garonne, Gard. Au contraire, le Conseil général des Hautes-Pyrénées repousse une motion en ce sens.
Finistère, la Seine-et-Oise, la Saône-et-Loire, la Lozère, il est demandé que la condition des institutrices soit améliorée. Le Bas-Rhin et la Drôme demandent une école de filles, autant que possible dans chaque commune ; les Basses-Alpes voudraient voir favoriser la création de ces écoles : les Ardennes se contenteraient d'une école de filles dans chaque commune importante ; le Pas-de-Calais, dans chaque commune de plus de 1 000 habitants ; le Nord, dans chaque commune dépassant i 500 habitants. Il y a là un ensemble de faits, trop partiels et locaux pour supporter des conclusions d*ensemble, mais qui indiquent que l'opinion des Conseils généraux n'est pas tout entière d'un côté, ni en majorité, semb(e-t-il, du côté des partisans du projet de loi *. Il est à remarquer que les Conseils généraux, comme les consistoires protestants, songent surtout, presque uniquement, à l'enseignement primaire. Un seul Conseil, celui de l'Yonne, se prononce pour la création d'un lycée par département. Trois départements, les Ardennes, les Vosges, la Corrèze réclament chacun un lycée.
Mais il n'y a rien là qui ressemble à un mouvement d'opinion. Si le projet de loi avait ému vraiment le pays, il est probable que les manifestations en sens favorable ou en sens contraire, eussent été plus importantes par le nombre.
En somme, les milieux que l'on peut appeler professionnels — l'Université, le clergé catholique ou protestant, le parti catholique — ont été très agités par la préparation de la loi. Mais il ne semble pas que les Assemblées départementales s'en soient très vivement préoccupées. Il y a eu
1. Voici encore quelques vœux portant sur des questions moins directement à l'ordre du jour, mais qui prouvent que le mouvement a été assez marqué. Les Conseils généraux du Bas-Rhin, du Fas-de-Caiais, de Seineet-Oise, de l'Yonne, du Nord, de la Gironde, de la Corrèze réclament des salles d'asile, dans chaque commune. — La Dordogne, le Cantal, les Vosges demandent que l'enseignement agricole soil obligatoire dans les écoles primaires. — La Mayenne, le l*as-de-Calais, les Ardennes, réclament la construction d'une mai.son d'école par commune. — La Charente, que tous les livres soient uniformes et surveillés. — Le Conseil général des Hautes- Alpes demande qu'un professeur de langues vivantes soit attaché a chacun des collèges du département.