‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 165 sur 334 · OPINION DES CONSEILS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

OPINION DES CONSEILS GÉNÉRAUX

des vœux portant sur les matières que visait le projet de loi, des vœux en sens contraire, sans que le chiffre des Assemblées qui se sont prononcées pour ou contre Tun des principes. Tune des applications de ta loi, ait jamais été élevé. L'attitude des Conseils généraux répond à celle de la majorité des organes de la presse, qui, même républicaine et d'esprit laïque, se prononce contre le projet, sans faire, à proprement parler, une campagne ardente. Seuls, l'Univers, VAmi de la Religion, et la Liberté de Penser ont manifestement attaché au projet une grande importance. La plupart des journaux politiques l'ont critiqué comme une mesure fâcheuse, gênante, mais sans y dénoncer un grand péril public, soit que Ton fût préparé à voir voter une loi donnant la liberté de l'enseignement; soit que les pensées un peu lointaines et de quelque portée aient fait cruellement défaut aux adversaires de la loi ; soit enfin que les inconvénients ou les dangers qu'ils y apercevaient n'eussent pas été les principaux de ceux que l'on pouvait y apercevoir. La controverse et l'agitation, pour vives qu'elles aient été, n'en sont pas moins demeurées localisées dans le cercle relativement étroit des groupes et des individus qui, depuis des années, avaient pris parti dans la querelle entre l'Eglise et l'Université. Et rien ne serait plus fait pour surprendre que le contraste entre l'extrême passion déployée dans ce cercle, et l'attitude si calme, quasi indifférente du reste du pays, si l'histoire ne présentait souvent ce spectacle : les faits importants, qui agiront sur d'autres faits, et en gouverneront des séries, ne sont compris que d'un petit nombre.

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