LA COMMISSION PARLEMENTAIRE
aux journaux, quelques indications*. La discussion fut, en général, longue et approfondie. Elle porta sur Tensemble du projet et sur oertains points particuliers : la représentation et le rôle du clergé dans les Conseils universitaires, la surveillance de l'école primaire. Plusieurs représentants, MM. Rouher (élu commissaire), Delebecque, Bertholon, Soubies, ont soutenu que le projet donnait une part beaucoup trop considérable d'influence au clergé, et qu'il sacrifiait les droits de l'Etat. Divers membres (notamment Barthélémy Saint-Hilaire, élu commissaire) ont souligné une inégalité choquante : le Conseil d'Etat ne désigne pas luimême ses représentants au Conseil supérieur, tandis que Tépiscopat a le choix des siens. Pour l'enseignement primaire, le système de surveillance proposé a été « généralement approuvé ». Les bureaux ont paru préoccupés de « moraliser » les instituteurs, et de les empêcher « de faire, comme aux dernières élections, une propagande funeste dans les campagnes ». Ce point — on le verra par la suite — a été l'un de ceux où l'accord s'est le plus aisément et le plus naturellement établi entre les fauteurs du projet, et la majorité purement conservatrice de la Législative.
Les orateurs qui ont défendu le projet l'ont présenté comme une transaction, comme une sorte de Concordat entre le clergé et l'Université. C'est le langage qu'ont tenu MM. Sauvaire-Barthélemy et Janvier (élus commissaires), et d'autres encore, Montalembert, au premier rang. Il s'agit, a dit Montalembert dans son bureau, « d'unir l'Église et l'Etat contre l'ennemi commun, contre les doctrines anarchiques, qui menacent le pays, en un mot, contre le socialisme* ». C'est là la note qui, dès le premier instant, retentit à l'Assemblée, et qui ne cessera de s'y faire entendre.
1. Les détails qui suivent sont empruntés au Journal des Débats^ des 23 et 2o juin 1849.