Journal des Débats, du 2o juin
Les orateurs qui ont attaqué le projet n^B paraissent pas l'avoir combattu, sauf M. Pascal Duprat, avec une énergie bien grande. Barthélémy Saint-Hilaire fait des critiques, des objections, mais, en fin de compte, il déclare accepter la pensée maîtresse de ce projet, « fidèle au principe de la liberté d'enseignement, garanti par la Constitution* ». Victor Hugo (si les informations du Journal des Débats âont exactes) aurait tenu un langage à peu près analogue^. Il aurait blâmé certaines dispositions du projet, mais né l'aurait pas entièrement repoussé, tant s'en faut.
Pascal Duprat, au contraire, partisan très résolu, comme presque tous les républicains d*alors, de la liberté d'enseignement, se déclare l'adversaire très militant du projet, incomplet', mal conçu, et surtout, dirigé contre l'Université. Il y dénonce non une transaction, un Concordat, comme l'appelait Montalembert, mais « une loi dictée par des rancunes victorieuses* ».
Enfin, et le point est à noter, dès la délibération des bureaux, quelques représentants, MM. Frichon, Baune, Remilly, d'autres encore, ont soulevé la question constitutionnelle. Le gouvernement, ont-ils dit, aurait dû, aux termes de la Constitution , saisir de ce projet le Conseil d'Etat, avant de l'apporter à l'Assemblée législative. On verra tout à l'heure, par la motion d'ordre du 3 juillet, on verra plus tard, lors du dépôt du rapport de la Commission parlementaire, qu'il y avait là une question fort sérieuse, et qui faillit compromettre le sort du projet. Mais les bureaux ne semblent pas s'y être longuement arrêtés.
Telle qu'elle est composée, la Commission parlementaire
\. Débals du 25 juin.
2. Si je fais une réserve, c'est que le langage ne cadre pas du tout avec celui que de xMelun, dans ses Mémoireit, prèle à Victor llugo. Seulement, rinforniation des Débats eal du }onr même: les Mémoires de M. de Melun ont été écrits vers 1870 et publiés après sa mort (187T) par un tiers en 1891 .
3. D'autres membres ont regretté qu'il n'y eftt rien sur les institutions de filles, les salles d'asile, etc.