‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 170 sur 334 · LA MOTION D'ORDRE DU 3 JUILLET · texte numérisé non relu

LA MOTION D'ORDRE DU 3 JUILLET

répond assez exactement à ces données sur la délibération des bureaux, et celles-ci répondent au tempérament de l'Assemblée elle-même, tout nouvellement élue *, qui n'avait pas encore donné sa mesure, mais que Ton nfavait aucun motif de croire particulièrement bien disposée pour les revendications du parti catholique, et spécialement, pour la liberté d'enseignement, telle que ce parti la comprenait, et la voulait. Les éléments qui entraient dans la majorité de l'Assemblée législative étaient très divers. Leur 'lien fut la répugnance pour les idées de la gauche, la peur du socialisme. Dès que les questions religieuses entraient en compte, cette majorité se trouvait livrée à des tendances et à des influences multiples. Beaucoup de ses membres, quoique conservateurs, « étaient animés de cet esprit très répandu en France qui craint avant tout l'autorité du prêtre et son influence sur la chose publique ». Ils auraient, dit encore le même témoin perspicace et très mesuré dans ses jugements (c accordé volontiers la liberté à tout le monde, excepté au clergé^ ». Or, le projet de loi paraissait fait pour le clergé catholique, et pour lui seul. Aussi traversat-il, avant d'être voté, bien des aventures, et fallut-il à ceux qui l'avaient rédigé, proposé, infiniment de souplesse, d'habileté et de ténacité pour le faire, en fin de compte, prévaloir.

La première aventure du projet, à l'Assemblée, se pro-

1. Élue non sans ingérence gouvernementale. M. de Melun en donne une preuve piquante et péremptoire. « Mon excellent ami, M. de Falloux croyant toujours que mes idées et mes travaux pouvaient ôlre utiles au pays, imagina de me faire nommer dans un département oU il avait beaucoup d'amis et beaucoup d'inlluence, mais où l'élection était surlout entre les mains de l'évoque. Au même moment, quelques-uns de mes électeurs de Sentis... m'engageaient à revenir au combat. Le ministre m'annonça que j'étais candidat très sérieux dans le déparlement dllle-et- Vilaine, et que, placé sur la liste de l'évèque, je n'avais pas la moindre démarche à faire pour assurer mon élection. » (Melun, Mémoires, ii, p. 36). Melun fut élu.

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