Melun, Mém., II, p
254 LA LOI FALLOaX.
à tous égards, et d'un collaborateur difficile, Mgr Parisis. L'attitude de Parisis était très déconcertante. Il ne soutenait pas du tout Montalembert, à qui l'unissait pourtant, depuis les débuts de la lutte pour la liberté d'enseignement, une amitié profonde. Il se réservait. « J'essaye vainement, écrivait Montalembert, de le décider à prendre un parti quelconque sur la loi, pour ou contre. Son attitude équivoque est une des grandes armes de nos adversaires* ». M. de Melun note, d'autre part, que « le goût de Tévêque de Langres pour la loi semblait diminuer, à mesui*e qu'elle avançait* ». Il était visiblement travaillé lui-même par les plaintes, les réclamations, les critiques violentes de beaucoup de ses collègues de Tépiscopat, qui, tout naturellement, b' adressaient à lui pour l'entraîner dans leur opposition à la loi. Sa conduite ultérieure le prouve, et il est arrivé à la justifier par une raison très plausible^. Dans la Commisssion, il n'est pas acquis tout entier, tant s'en faut, à la loi. Du reste, les « influences les plus regrettables agissaient auprès de chaque commissaire catholique pour lui faire comprendre le sort funeste qu'une loi pareille allait faire à la religion^ ». Les salons s'en mêlaient. M. de Melun raconte qu'entrant, un soir, dans une maison très connue pour son attachement à l'Eglise, il fut pris à partie par un « saint prélat » qui lui demanda comment « avec ses croyances et ses antécédents religieux », il pouvait donner son assentiment à une loi « qui ne pouvait convenir qu'à des universitaires et à des impies ». Tandis que le « saint prélat » tenait M. de Melun par un bras, Dupanloup le tirait par l'autre et lui criait de ne pas se laisser décourager, ni tenter •. Plus que tous les commissaires, Montalembert était assailli. Il eut même un jour de