Ibid
discuté les principes généraux dont s'inspire chacun des chapitres de la loi ; délibéré, ce jour-là même, sur le programme de rinstruction primaire*. Malgré toutes les diflBcultés que rencontraient sur leur route les auteurs du projet, malgré « des efforts qui ne cessaient pas », les choses ne prenaient pas mauvaise tournure pour eux. « Tous les amendements radicaux avaient été repoussés* », quand se dressa « un écueil inattendu, contre lequel le projet faillit échouer' ».
Il s'agissait de savoir par qui serait présidé le Conseil académique. Le projet de loi donnait la présidence au recteur. Les « catholiques » firent un grand efïort pour la transférer au préfet, qui, disaient-ils, était le premier représentant de l'Etat dans le département, et tiendrait la balance plus égale entre l'enseignement libre et rUni\'ersité. « La question de la présidence du Conseil académique a donné lieu à de graves débats », dit le Journal des Débats du 7 juillet. — La question « n'a pas été résolue », dit le même journal, le 19 juillet. Nous sommes très bien renseignés sur ce point, grâce à M. de Melun qui a joué, dans la discussion^ un rôle décisif, et qui nous Ta raconté. Thiers et ses amis se prononcèrent très énergiquement pour le recteur. « J'ai été dans mes concessions, s'écria M. Thiers, jusqu'à m'attirer les reproches les plus vifs de ceux qui ont toujours voté avec moi, je ne puis consentir à celle-ci, et renoncer à placer à la tête du Conseil académique le chef naturel des autorités scolaires, simplement parce qu'il appartient à l'Université. Plutôt que de me porter à une telle injustice, à \m témoignage si manifeste d'une défiance que rien ne justifie, j'aime mieux abandonner la loi ». Là-dessus, Montalembert et Parisis, d'un commun accord, répondent que si le recteur préside, à leur tour, ils ne veulent plus
i. Journal des Débals, du 7 juillet.