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de la loi... On vote. Les 15 membres étaient là. Il y avait déjà 7 voix pour et 7 voix contre. Il ne restait qu'un suffrage à connaître, celui de M. de Melun. « Tout le monde avait les yeux fixés sur moi; mes amis ne doutaient pas du succès, et se donnaient d'avance la majorité. Après quelques instants de réflexion, je déclarai que, désirant Tadoption de la loi, et convaincu qu'elle allait échouer, si je donnais la majorité à l'une ou à l'autre des opinions en présence, je ne voulais pas prendre la responsabilité d'un fait aussi grave et aussi déplorable, je préférais laisser la question indécise, renvoyer à l'Assemblée le soin de la résoudre, et que, par conséquent, je m'jifestenais de voter* ». Grande colère des « catholiques ». Montalembert déclare que M. de Melun n'a pas le droit, à un moment aussi décisif de « déserter son poste ». Thiers, au contraire, l'approuve. Les amis de M. de Melim finissent par se calmer. Il est convenu que le rapporteur, en exposant comment les voix de la Commission s'étaient partagées, déclarera en son nom qu'elle s'en remet à l'Assemblée du soin de décider. Quand vint le vote de l'Assemblée, la question ne fit pas difficulté ^ « C'est ainsi, conclut poliment M. de Melun, que j'eus sur la destinée de cette loi une influence décisive, non par mon éloquence^ non par mon autorité sur mes collègues, non pas même par mon vote, mais par mon silence. L'acte le plus important de ma vie parlementaire, et peut-être le plus judicieux, a été une abstention* ».
Le Journal des Débats du 19 juillet annonce que M. Beugnot a été nommé rapporteur, au 3* tour de scrutin, par 8 voix contre 6 données à M. Fresneau. C'était encore un pas important que la nomination du rapporteur. Le