‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 179 sur 334 · Rapport, Moniteur du 22 oct., p · texte numérisé non relu

Rapport, Moniteur du 22 oct., p

aille choisir, dans renseignement public, où abonderont les candidats pourvus de tous les titres, ceux qui en auront le moins, ou n'en auront pas.

Le titre II (De l'enseignement primaire) présente, à son tour, quelques différences lorsqu'on compare les deux textes. D'abord, la Commission supprime les deux degrés, admis par le projet du ministre*. Elle se borne à stipuler que « l'instituteur peut donner à son enseignement des développements conformes aux besoins et aux ressources des localités ». La correction est grave, d'autant plus grave que les commentaires du rapport en font ressortir la portée. Il s'agit de àijpprimer ce degré intermédiaire entre le primaire et le secondaire, que la loi de 1833 a si imprudemment créé ; -^« ce quelque chose d'intermédiaire, d'impossible à définir* » qui inspire aux instituteurs « une idée exagérée d'euxmêmes » qui « trouble les esprits et les caractères ». La Commission veut, par ce changement « renverser l'échafaudage d'une fausse science, élevée en 1833 », et « opposer une digue à l'extension démesurée et irréfléchie des programmes ». On sent percer ici la défiance et le dédain du savoir, qui se sont déjà produits dans la Commission extraparlementaire, sans y avoir prévalu au point de faire décider cette simplification. La Commission parlementaire l'a établie.

Le projet du ministre laissait au Conseil municipal le droit et le soin de choisir l'instituteur, sur une liste dressée, par le Conseil académique pour les instituteurs laïques, sur la présentation des supérieurs pour les congréganistes'. La Commission a déféré au Conseil académique le droit de nommer, déplacer, révoquer l'instituteur. Le Conseil municipal n'intervient plus que pour exprimer le vœu d'avoir un instituteur laïque, ou un congréganiste*. La Commission ne méconnaît pas ce qu'il y a de force et de patriotisme dans

Page 1