Delà Gorce, II, p
2. « Il fil prier un colonel du corps expéditionnaire de tâcher de se procurer une des copies qui circuleraient et de la lui envoyer. Il désirait, dans un but de curiosité, conserver un exemplaire de cet écrit dans ses archives personnelles. » De la Gorce, p. 22i, n indique pas sa source.
Tocqueville, lui aurait parlé à Toreille, et lui aurait remis un papier. Après lecture, il aurait passé ce papier à Falloux, derrière le dos de Passy, qui les séparait. C'était la lettre à Edgar Ney. Falloux se serait alors levé, aurait été trouver le président, sous le regard « inquiet » de Tocqueville, et, ayant appris de lui que la lettre était partie, la veille au soir, lui aurait demandé sa promesse de ne pas la publier. Tandis que M. Passy continuait la lecture de son rapport, les réflexions se présentaient en foule à l'esprit de Falloux. Il se demandait, notamment, « dans quelle mesure M. Barrot et M. Dufaure avaient réellement ignoré ou inspiré cette lettre ». En tous cas, il se disait que, s'il en combattait les termes, ses deux collègues « l'eussent défendue avec la dernière obstination ». La question financière une fois vidée, le président aurait donné à voix haute lecture de la lettre à tous les ministres, en répétant que les journaux n'en parleraient pas. M. de Falloux « rassuré par l'unanime engagement, très nettement articulé par le président et par [ses] collègues de garder le silence » partit pour Néris, où il devait aller prendre quelques semaines de repos, pour soigner sa santé, fort ébranlée *. C'est là qu'il lut dans les journaux la lettre à Edgar Ney, et la note dans la Patrie ^ C'est de là qu'il revint précipitamment à Paris. On comprend très bien que M. de Falloux ait tenu à affirmer que la lettre était déjà partie quand il en eut connaissance. Le récit des Mémoires d'un Royaliste est postérieur à celui que donnait dans la première édition de son livre, M. de la Gorce, sans indiquer sa source ^ C'est probablement la raison qui fit que M. de Falloux crut inutile de le discuter. Mais la seconde édition du livre de M. de la Gorce est, à son tour, postérieure à la publication des Mémoires d'un Royaliste, et M. de la Gorce,